Football

Retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire : « C’est inacceptable de jeter ainsi l’opprobre sur nous »

Le ministre ivoirien des Sports, Claude Paulin Danho. © YouTube/RTI Officiel

Après avoir retiré la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2019 au Cameroun, le président de la Confédération africaine de football (CAF) a estimé que la Côte d'Ivoire ne serait pas prête pour organiser l'édition 2021. Le ministre ivoirien des Sports, Claude Paulin Danho, n'en décolère pas. Interview.

Après avoir ébranlé le Cameroun, le séisme a eu des répliques jusqu’en Côte d’Ivoire. Trois jours après avoir annoncé le retrait de la Coupe d’Afrique des nations 2019 au pays de Paul Biya, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, a déclaré que les prochaines compétitions seraient décalées. « La Côte d’Ivoire n’est pas prête pour 2021 », a-t-il lâché lundi 3 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision Afrique Media.

La CAN 2021 reviendra donc au Cameroun, tandis que la Côte d’Ivoire sera chargée d’organiser celle de 2023. Jurant n’avoir pas été consultées avant que cette décision soit prise, les autorités ivoiriennes sont furieuses. Selon le ministre des Sports, Abidjan doit envoyer mercredi 5 décembre un courrier à la CAF pour réclamer des explications.


>>> À LIRE – CAN 2019 : comment la CAF a retiré à l’unanimité l’organisation au Cameroun


Jeune Afrique : Le président de la CAF considère que « la Côte d’Ivoire n’est pas prête » pour organiser la CAN 2021, et veut lui attribuer à la place la compétition en 2023. Ahmad Ahmad avait-il discuté avec vous de ce report ?

Claude Paulin Danho : Pas du tout ! Nous avons appris cela en regardant la télévision et en lisant les réseaux sociaux. Ni le président Alassane Ouattara, ni le Premier ministre, ni moi-même, n’avions été informés par le président de la CAF avant sa déclaration. Encore moins consultés. À l’heure qu’il est, nous n’avons toujours pas eu le moindre contact officiel.

Affirmer ainsi de façon péremptoire et unilatérale que nous ne sommes pas prêts à accueillir la CAN 2021 est choquant et discourtois

Rendez-vous compte, cette décision a été prise vendredi 30 novembre à Accra ! Ahmad Ahmad était à moins d’une heure d’Abidjan, mais il ne s’est même pas donné la peine de faire le déplacement. Il aurait pu aussi avertir Sidy Diallo, le président de notre fédération de football, qui était au Ghana, mais il ne lui a rien dit. Au lieu de cela, il a préféré aller parler à une télévision privée ! Affirmer ainsi de façon péremptoire et unilatérale que nous ne sommes pas prêts à accueillir la CAN 2021 est choquant et discourtois. C’est inacceptable de jeter ainsi l’opprobre sur la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire serait-elle être prête pour accueillir le tournoi en 2021 ?

La Côte d’Ivoire se donne les moyens pour être prête. Nous sommes à trois ans de l’échéance et chaque jour nous avançons. Nous avons déjà mobilisé d’importants moyens financier et humains. Les extensions du stade Félix Houphouët-Boigny à Abidjan et de celui de Bouaké sont en cours. Nous sommes également en pleine construction de l’enceinte Ebimpé à Anyama. Avec 60 000 places, ce sera l’un des plus grands d’Afrique ! Sans compter les autres sites à Korhogo, San Pedro, Yamoussoukro…


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : comment Abidjan s’est préparé à accueillir les Jeux de la francophonie


Ce n’est pas la première fois que notre pays organise une CAN, et nous accueillons régulièrement de grands événements. L’année dernière, il y a eu les Jeux de la francophonie, où nous avons accueilli 3 500 athlètes, mais aussi le sommet Union africaine-Union européenne, avec 40 chefs d’Etats et de gouvernement. Nous savons relever les plus grands défis.

Un report de la compétition en 2023 aura-t-il des conséquences financières ?

Évidemment. Des sommes importantes sont déjà engagées. Nous avons mobilisé 200 milliards de Francs CFA [environ 305 millions d’euros], et les entreprises qui réalisent les travaux ont déjà été choisies. Je n’évoque là que les infrastructures sportives, mais il y a aussi tout le reste : les travaux de voirie, d’hôtellerie, etc. Ces questions devront faire partie des discussions futures avec la CAF.

Êtes-vous toujours prêt au dialogue, ou envisagez-vous de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) ?

Nous ne comprenons pas les méthodes cavalières et discourtoises de la CAF, mais la Côte d’Ivoire est un pays de dialogue. Si nous sommes officiellement saisis, nous sommes prêts à discuter de toutes les options. Nous aviserons en fonction de l’intérêt supérieur de l’Afrique.

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