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Cet article est issu du dossier «CAN 2019 : le grand cafouillage»

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Football

CAN 2019 : comment la CAF a retiré à l’unanimité l’organisation au Cameroun

Le comité exécutif de la CAF (au centre le président Ahmad Ahmad), réuni vendredi 30 novembre 2018 à Accra (Ghana).

Le comité exécutif de la CAF (au centre le président Ahmad Ahmad), réuni vendredi 30 novembre 2018 à Accra (Ghana). © DR

Le Cameroun n’organisera pas la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, comme l’a entériné le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) vendredi 30 novembre à Accra (Ghana). Retour sur les coulisses de cette décision, prise à l’unanimité.

Les 22 membres du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) sont longtemps restés enfermés dans l’une des salles de l’hôtel Kempiski d’Accra, en marge de la Coupe d’Afrique des nations féminine. Près de dix heures de réunion, pendant lesquelles de nombreux dossiers ont été abordés. Dont celui, au centre de toutes les attentions, de l’organisation de la CAN 2019, confiée en 2014 au Cameroun.


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La décision de la CAF a été officiellement annoncée vendredi soir à 18h17 heure locale alors que dès le matin, les rumeurs couraient sur un très probable retrait de l’organisation de la compétition au pays. « Si le président Ahmad Ahmad a communiqué en fin de journée, c’est parce qu’il y avait d’autres points à étudier, et celui de la CAN était le dernier à l’ordre du jour », précise une source interne à Jeune Afrique.

Une vidéo d’inspection « très explicite »

La veille de la décision, les membres du comité exécutif avait eu accès au rapport des différentes missions d’inspection effectuées ces derniers mois au Cameroun. Et le bilan présenté par la commission d’organisation de la CAN pointait déjà du doigt de nombreux retards, avec un premier avis très défavorable pour les Camerounais. Selon plusieurs participants à cette réunion, l’ensemble du comité exécutif s’est unanimement rangé derrière les conclusions de cette commission.

Tout le monde a reconnu que le Cameroun avait fait des efforts, mais qu’il n’était pas possible d’organiser une telle compétition dans ces conditions

« En plus du rapport, les membres du Comex ont pu visionner une vidéo d’une bonne quinzaine de minutes, réalisée au Cameroun, très explicite. Tout cela était suffisant pour comprendre que le pays n’était pas prêt pour accueillir une CAN au mois de juin avec 24 équipes. Tout le monde a reconnu que le Cameroun avait fait des efforts, mais qu’il n’était pas possible d’organiser une compétition de cette envergure dans ces conditions. Il y a eu un tour de table, chacun s’est exprimé, et tout le monde était sur la même ligne », explique un membre de la CAF.

L’aspect sécuritaire au second plan

Notre source explique notamment que « dans tous les secteurs, les retards étaient trop importants. Que ce soit au niveau des infrastructures sportives ou hôtelières, des stades ou encore des terrains d’entraînement ».

Le Comex a également pu constater des retards au niveau de plusieurs voies d’accès. « La CAN avec 24 équipes, c’est presque une mini Coupe du monde. La CAF ne peut pas prendre le risque d’attendre le dernier moment pour faire ouvrir un stade. Que dirait-on s’il se passait quelque chose de grave ? On a souvent reproché à l’Afrique de prendre des décisions tardives, de faire preuve d’une certaine légèreté. Cette fois-ci, la CAF a pris ses responsabilités, à plus de six mois de la compétition, en prenant une décision qui s’imposait. J’espère qu’on ne va pas lui en faire le reproche », commente un dirigeant de fédération.


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Pour notre informateur, ce n’est pas l’aspect sécuritaire qui a pesé dans la balance. « Cela a évidemment joué dans la décision finale, mais ce n’est pas ce qui a primé. Si le Cameroun s’est vu retirer l’organisation de la CAN, c’est parce qu’il accusait trop de retard à tous les niveaux. »

Une lettre envoyée par Ahmad Ahmad à Paul Biya laisse supposer que la CAF envisage de confier l’organisation de l’édition 2021 au Cameroun

Une lettre envoyée par Ahmad Ahmad à Paul Biya, le président de la République du Cameroun, laisse supposer que la CAF envisage de confier l’organisation de l’édition 2021 – attribuée à la Côte d’Ivoire – au recalé du 30 novembre, afin de lui laisser le temps nécessaire pour répondre aux exigences du cahier des charges. Dans ce cas, la Côte d’Ivoire organiserait la CAN 2023 et la Guinée celle de 2025.

D’ici-là, les pays intéressés pour accueillir la CAN 2019 devront se faire connaître dans les prochains jours, dès que la CAF aura lancé un appel à candidatures. Le nom du nouveau pays hôte sera connu avant le 31 décembre prochain, et les dates de la phase finale – du 15 juin au 13 juillet – seront maintenues.

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