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Sandra Laoura

Par - Farid Alilat
Mis à jour le 28 février 2006 à 11:17

« Je vous mentirais si je vous disais que je ne pense pas à cette médaille. Oui, j’y pense », confiait-elle à un journaliste du quotidien L’Équipe, la veille de sa victoire. À l’évidence, elle avait raison. Samedi 12 février, Sandra Laoura a décroché la médaille de bronze du ski de bosses aux jeux Olympiques de Turin.

L’histoire de cette jeune Française d’origine algérienne ressemble à conte de fées. Née le 21 juillet 1980 à Constantine (à 450 km d’Alger), elle a 2 ans lorsque sa famille quitte l’Algérie pour s’installer à Avignon, dans le sud-est de la France. Ali, son père, est ouvrier sur les chantiers avant de trouver un emploi aux remontées mécaniques de la station de La Plagne (Savoie). C’est là que la petite Sandra se passionne pour les sports de neige. Et pour le ski en particulier. Inscrite dans un club local, elle s’initie au ski alpin avant de trouver sa voie : le free style. À 19 ans, grâce au soutien de ses dirigeants, elle obtient la nationalité française. Lors des J.O. de Salt Lake City, en février 2002, elle obtient une très honorable huitième place. Ses parents jurent que la prochaine fois, ils accrocheront la médaille de leur fille dans le salon de l’HLM familiale
Pourtant, cette précieuse breloque, Sandra a bien failli la laisser échapper. À cause d’une méchante fracture de l’épaule, au mois de décembre. Mais la jeune fille est une battante. « Sur le coup, j’ai eu des doutes, raconte-t-elle. Mais on m’a convaincue que je serais prête si je suivais bien ma rééducation. » Les doutes se dissipent le 4 février, quand Sandra décroche la deuxième place lors de l’épreuve de Coupe du monde de Spindleruv Mlyn (République tchèque). La consécration viendra une semaine plus tardSandra Laoura, un symbole d’intégration réussie à l’instar d’un Zinedine Zidane ou d’un Lilian Thuram ? Non, la jeune athlète refuse de porter ses origines maghrébines comme un étendard. Elle ne veut pas non plus servir d’alibi politique. « Je n’ai pas très envie, dit-elle, qu’on récupère mon histoire. J’ai passé presque toute ma vie en France. Moi, je suis algérienne et française, je suis les deux. Complètement les deux. J’ai de l’amour pour l’Algérie, j’ai de l’amour pour la France et c’est le même amour. »