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Cet article est issu du dossier «Présidentielle en RDC : l'alternance, et après ?»

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Exclusif. RDC – Moïse Katumbi : « Je reste dans le camp de Martin Fayulu »

Moïse Katumbi, alors gouverneur du Katanga, lors d'une visite de la minoterie Africa Milling Congo Company, à Kinsevere, près de Lubumbashi, le 21 février 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Après l’annonce de leur « ticket », les opposants Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi ont tour à tour lancé un appel du pied à Moïse Katumbi, l’un des poids lourds de l’opposition en RDC. Dans des confidences à Jeune Afrique, ce dernier leur oppose une fin de non-recevoir.

C’est acté. Pour la présidentielle du 23 décembre, Félix Tshisekedi devra se passer du soutien de Moïse Katumbi. Son désormais ex-allié, contraint à l’exil depuis plus de deux ans, explique à Jeune Afrique, mardi 27 novembre, pourquoi il a finalement décidé de réserver une fin de non-recevoir au ticket Vital Kamerhe-Félix Tshisekedi.


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Ces deux opposants qui ont uni leurs forces après leur retrait simultané de la coalition Lamuka [Réveille-toi, en lingala], constituée à Genève autour de la candidature de Martin Fayulu, ont multiplié ces dernières heures des messages subliminaux en direction de l’homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga.

« Moïse Katumbi a toujours dit que Félix Tshisekedi était son candidat. Nous présentons aujourd’hui le ticket qu’il souhaitait. Serait-il capable de mobiliser les autres pour nous rejoindre ? », lui a lancé, le 23 novembre, Vital Kamerhe depuis Nairobi, quelques instants seulement après le ralliement de ce dernier à Félix Tshisekedi.

La fin du suspense

Depuis, la réponse de Moïse Katumbi, membre de la coalition Lamuka, se faisait attendre. Des observateurs n’arrêtaient plus de scruter son compte Twitter, où le leader d’Ensemble pour le changement a l’habitude de poster ses communiqués et prises de position. Rien. Était-ce le temps nécessaire avant de se prononcer ? « Cela n’a rien à voir, confie-t-il ce mardi à Jeune Afrique. Pour moi, les choses sont claires : je reste dans le camp de Martin Fayulu. »

Je ne connais pas bien Martin Fayulu, mais dès lors que j’ai signé l’accord, je ne peux que respecter mon engagement

L’opposant de 53 ans, qui a fait fortune dans le business, insiste sur « le respect de la parole donnée, dans le monde des affaires comme en politique ». Avec six autres leaders de l’opposition congolaise – Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe – , il avait conclu, le 11 novembre à Genève, un accord de coalition. Un compromis très rapidement dénoncé par Kamerhe et Tshisekedi.


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« Moi, je ne peux me dédire, martèle de son côté Katumbi. Je ne connais pas bien Martin Fayulu, et je le lui ai clairement dit à Genève, lorsqu’il me demandait si je n’étais pas satisfait des résultats du vote. Mais dès lors que j’ai signé l’accord, je ne peux que respecter mon engagement et le soutenir.»

Tous unis contre Kabila

Moïse Katumbi refuse toutefois de considérer Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe comme les adversaires de Lamuka. « Nous sommes toujours des frères. Notre combat commun doit rester celui de faire partir Joseph Kabila et son candidat du FCC [Front commun pour le Congo] », explique-t-il.

L’opposition ira donc en ordre dispersé à la présidentielle. N’est-ce pas un handicap face à Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Kabila ? « Non, estime Moïse Katumbi. La candidature de Félix [Tshisekedi] va surtout priver le candidat du pouvoir des voix du centre du pays qu’il espérait engranger. Dans ces conditions, c’est la victoire de l’opposition qui se dessine, en particulier celle de Martin Fayulu », veut croire celui qui soutenait, avant Genève, la candidature de Félix Tshisekedi.

Être leader, c’est aussi savoir contrôler et guider sa base

À Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, qui ont justifié leur retrait de l’accord de Genève par le refus de leur « base » respective de soutenir le candidat Martin Fayulu, Moïse Katumbi explique qu’ « être leader, c’est aussi savoir contrôler et guider sa base ».

Le président du célèbre club de football du TP Mazembe est par ailleurs longuement revenu sur l’épisode des tensions entre les supporters des Corbeaux katangais et Diego Garzitto, un technicien franco-italien qu’il avait fait signer en 2009. « Près de 80 000 personnes réclamaient la démission de ce coach, empêchant même le déroulement normal des entraînements. Mais je ne les avais pas suivies. Au contraire, avec méthode, je les avais convaincu de faire confiance à mon choix. Dans le cas contraire, ce serait moi et Diego Garzitto qui partiraient », a-t-il tenu à faire valoir.

 

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