Économie

Maroc : sept chiffres surprenants dans le budget 2019

Selon Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l'Administration de la Défense nationale, le rétablissement du service militaire coûtera 500 millions de dirhams. © KARIM SELMAOUI/POOL/AP/SIPA

Coût du service militaire obligatoire, budget des mosquées, pénurie de diplomates, agréments des anciens combattants... Jeune Afrique vous propose une sélection des chiffres les plus croustillants extraits des compte-rendus des débats des commissions parlementaires sur les budgets sectoriels.

Approuvé par la Chambre des représentants, le projet de loi de finances 2019 est actuellement en cours d’examen par les Conseillers (membres de la chambre haute du Parlement marocain). Au-delà des indicateurs macro-économiques, ce sont les présentations des ministres – qui viennent défendre leurs budgets sectoriels respectifs – qui regorgent de statistiques qui en disent long sur le fonctionnement de certaines administrations ou services sociaux. Focus sur des chiffres parlants.

  • 500 millions pour le service militaire obligatoire

C’est le coût de l’instauration du service militaire obligatoire révélé par Abdellatif Loudiyi, ministre chargé de l’Administration de la Défense nationale. Ce budget comprend notamment 300 millions de dirhams (environ 28 millions d’euros) d’investissements dans des équipements et de nouvelles casernes pour accueillir les futurs « appelés ». Le responsable gouvernemental ne révèle pas pour autant le nombre de jeunes Marocains qui constitueront le bataillon 2019.


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  • 800 millions de m² de mosquées

Ahmed Toufiq, ministre des Affaires islamiques, admet que seuls 18% des mosquées du royaume sont bâties en dur. En 2019, le département a prévu de consacrer plus de 700 millions de dirhams pour leur équipement et leur réhabilitation, mais aussi à la construction de nouveaux lieux de culte. Le personnel religieux, de son côté, a droit encore à une prime de plus d’un milliard de dirhams débloquées par le ministère des Finances. La sécurité spirituelle des Marocains a un coût.

  • 304 000 analphabètes en moins

Les mosquées restent de loin les piliers du programme de lutte contre l’analphabétisme. Depuis l’an 2000, trois millions de fidèles ont bénéficié de cours dispensés dans les lieux de culte pour apprendre à déchiffrer la langue du Coran. L’année prochaine encore, plus de 300 000 Marocains, majoritairement des femmes en milieu rural, auront accès à ces séances.

  • Six nouvelles ambassades

Libéria, Sierra Léone, Togo, Cap vert, Gambie… Ce sont les nouvelles ouvertures d’ambassades africaines prévues dans le plan d’action du ministère des Affaires étrangères. En parallèle, neuf pays africains ont émis le souhait d’ouvrir une ambassade à Rabat. À noter que la location des sièges des représentations diplomatiques du royaume absorbe 30% des dépenses de fonctionnement du département.


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  • 568 diplomates à la retraite

Pas plus de 100 postes budgétaires sont prévus pour le ministère des Affaires étrangères en 2019. Pourtant, le département estime ses besoins à 363 fonctionnaires supplémentaires. Le département tire d’ailleurs la sonnette d’alarme : le nombre de diplomates risque de baisser drastiquement ces prochaines années : 72 départs à la retraite sont prévus l’année prochaine, s’ajoutant aux 568 retraités du ministère enregistrés au cours des six dernières années.

  • 415 millions de dirhams pour les MRE (ou presque)

Si le ministère délégué en charge des Marocains résidents à l’étranger (MRE) dispose d’un budget de fonctionnement de 415 millions de dirhams, plus de la moitié de cette manne (246 millions) est reversée comme contribution à la Fondation Hassan II pour les MRE. À croire que le département dirigé par Abdelkrim Benatiq (USFP) ne sert que de justificatif comptable à une autre institution, qui s’occupe spécifiquement de l’accueil de cette communauté dont les transferts en devise dépassent les 65 milliards de dirhams.

  • 9 119 agréments de taxis aux anciens combattants

Les ex-membres de l’Armée de libération disposent de certains privilèges, dont quelque 9 119 agréments de taxis. Ces autorisations sont actuellement en cours de transfert au profit des ayants droit de ces anciens combattants. Idem pour les agréments de transport de voyageurs, qui sont au nombre de 892.

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