Emploi & Formation

Frais de scolarité : pour un député français, « le principe d’égalité constitutionnelle est bafoué »

Le député franco-marocain M'jid El Guerrab, élu au titre de la 9éme circonscription des Français de l'étranger. © YouTube/M'jid EL GUERRAB

En colère contre l'annonce de l'augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, le député des Français de l'étranger M’jid El Guerrab annonce qu'il soutiendra les étudiants qui engageront des recours si le gouvernement hexagonal ne renonce pas à la réforme.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Les frais de scolarité dans les universités et écoles publiques françaises vont augmenter dès 2019 pour les étudiants extra-européens, a indiqué le Premier ministre français Édouard Philippe, dans une allocution prononcée lundi 19 novembre à l’occasion des Rencontres universitaires de la Francophonie.


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Alors que les étudiants étrangers payaient les mêmes droits que les Français, soit 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat, ce ne sera désormais plus le cas. Dès la rentrée prochaine, ils devront s’acquitter de 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et doctorat, soit « un tiers du coût réel » d’un étudiant étranger pour les finances publiques, selon l’estimation du chef de gouvernement français.

Depuis, la résistance s’organise. Une pétition contre l’augmentation des frais de scolarité pour les étrangers a été lancée par le syndicat étudiant Unef. Même si on ignore encore les contours exacts de la réforme, des manifestations ont également été organisées dans les écoles et universités, et les opposants explorent déjà toutes les voies de recours disponibles. C’est le cas de M’jid El Guerrab, député des Français du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest. Il explique à Jeune Afrique sa stratégie de lutte contre la réforme du gouvernement.

Jeune Afrique : Quel est votre état d’esprit depuis l’annonce de la hausse des frais de scolarité pour les étrangers ?

M’jid El Guerrab : Je suis évidemment en colère contre cette mesure injuste. On ne va pas laisser faire. Une pétition lancée par les associations étudiantes a déjà reçu 47 000 signatures, et ça ne va pas s’arrêter là. Avec mon collègue député Jean-Michel Clément, j’ai adressé une question au Premier ministre Édouard Philippe, ce mercredi à l’Assemblée. Nous l’avons interpellé sur l’incohérence de sa proposition, en soulignant que pour gagner en attractivité, il assumait de perdre en solidarité. Or, ce faisant, il prend deux risques : voir chuter les flux d’étudiants étrangers, mais aussi accroître l’exclusion des étudiants étrangers pour des raisons économiques.

J’ai ardemment défendu les propositions présidentielles d’Emmanuel Macron et je n’ai vu cette mesure figurer nulle part

Le Premier ministre n’a répondu qu’en ce qui concerne les étudiants français, précisant qu’il n’y aurait pas d’augmentation pour eux, contrairement à ce que certaines rumeurs ont colporté. Cette réponse n’étant pas suffisante, je lui adressé un courrier.

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