Politique

Gabon : Ali Bongo Ondimba transféré mercredi au Maroc, après plusieurs jours d’incertitude

Ali Bongo Ondimba et Mohammed VI, lors de l'investiture d'Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, en 2013. © REUTERS/Thierry Gouegnon

Ali Bongo Ondimba sera finalement transféré au Maroc mercredi 28 novembre, comme l'a annoncé la Première dame Sylvia Bongo Ondimba ce mardi. La convalescence du président avait auparavant fait l'objet d'un étrange ballet entre Rabat, Libreville et Riyad, aux frontières des relations personnelles et de la diplomatie.

Ali Bongo Ondimba (ABO) va donc finalement être transféré en terre marocaine, dans un hôpital de Rabat, mercredi 28 novembre en provenance de Riyad, en Arabie saoudite. Son épouse, Sylvia Ondimba a confirmé l’information mardi 27 novembre en fin de journée. Le chef de l’État gabonais était hospitalisé depuis le 24 octobre à la suite d’un accident vasculaire cérébral ayant nécessité une intervention chirurgical et un placement en coma artificiel.

Le président va donc poursuivre au Maroc une convalescence qui est devenue, au fil des rebondissements, le feuilleton le plus suivi par les Gabonais. Depuis le 24 octobre, les rumeurs allaient en effet bon train au sujet de l’état de santé du président. À chaque jour son lot de spéculations et d’interrogations, favorisées par la quasi-absence de communication officielle sur le sujet. Dernier épisode en date : l’imbroglio autour du lieu où il poursuivrait sa convalescence.


>>> À LIRE – Gabon : Ali Bongo Ondimba pourrait finalement terminer sa convalescence au Maroc


Depuis plusieurs semaines, des discussions se déroulaient en coulisses entre le Palais Royal marocain et l’entourage du chef de l’État gabonais. En Arabie saoudite, au chevet de son époux, Sylvia Bongo Ondimba (SBO) avait préparé son transfert vers Londres. La Première dame y a ses habitudes et y dispose d’une résidence dans le quartier huppé de Mayfair, à deux pas d’Hyde Park et du palais de Kensington.

Proposition royale

Sylvia Bongo Ondimba et la présidence gabonaise, notamment Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet, avaient tout prévu, y compris l’admission du chef de l’État dans une clinique spécialisée du centre-ville. Le 21 novembre, rassurée par l’évolution de l’état de santé de son époux, SBO prévoyait encore un départ dans les prochaines heures ou, au plus tard, dans les prochains jours. Mais les heures ont passé, et Ali Bongo Ondimba ne s’est pas envolé vers la capitale britannique.

Mohammed VI avait fait aménager un établissement hospitalier militaire, notamment pour des raisons sécuritaires et de confidentialité

Le 22 novembre, Sylvia Bongo Ondimba a en effet reçu un appel du roi du Maroc, Mohammed VI. Depuis plusieurs jours, celui-ci insistait pour que son ami d’enfance vienne passer sa convalescence dans son pays. Il avait fait aménager un établissement hospitalier militaire, notamment pour des raisons sécuritaires et des impératifs de confidentialité.

Une histoire d’amitié (et de discrétion)

Les liens d’amitié entre Mohammed VI et ABO, datant de leur enfance, ne sont un secret pour personne. Le président gabonais a passé une partie de son adolescence au Maroc, et les deux hommes se sont régulièrement revus alors que leurs pères, eux aussi amis, présidaient encore aux destinées de leurs pays respectifs.

Le président gabonais est resté un habitué du Maroc, particulièrement de Marrakech et de Tanger, où il a l’habitude de séjourner place Merchane, au sein du palais des hôtes royaux. Le roi du Maroc apprécie également le Gabon, où il séjourne fréquemment et où il détient une propriété à la Pointe-Denis, en face de Libreville.

Page Facebook d’Ali Bongo Ondimba.

Attachée à la solution londonienne, Sylvia Bongo Ondimba s’est finalement laissée convaincre. Ce 27 novembre, elle a indiqué que le président, en concertation avec elle, avait « fait le choix d’accepter la proposition d’accueil de son frère, Sa Majesté le Roi du Maroc Mohammed VI » et comptait « mettre à profit cette brève convalescence pour recouvrer ses pleines capacités physiques ». « Nous lui en sommes extrêmement reconnaissants ».

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