Sécurité

Cameroun : au moins 26 sécessionnistes tués à Bali lors d’une importante opération militaire

Des militaires camerounais (photo d'illustration). © Rebecca Blackwell BLACKWELL/AP/SIPA

Au moins 26 sécessionnistes ont été tués lors d’une opération menée le 22 novembre par l’armée camerounaise dans la région du Nord-Ouest. Un important stock d’armes et de munitions a également été saisi dans un camp démantelé.

Les soldats de l’armée camerounaise ont mené dans la nuit du 22 novembre une importante opération militaire qui a conduit au démantèlement d’une base sécessionniste située à Bali (région du Nord-Ouest).

Selon le commandement militaire, au moins 26 combattants ont été neutralisés au cours des combats qui se sont déroulés dans cette localité. Des dizaines d’armes traditionnelles, des téléphones portables, des motos ainsi que des panneaux solaires ont également été saisis.

« Sanctuariser » la région

Près d’une centaine de combattants étaient logés à Bali, ville située au sud de Bamenda. Mardi 20 novembre déjà, un premier affrontement avait entraîné la mort d’une dizaine d’entre eux, et neuf gendarmes avaient été blessés. Pour les forces de défense camerounaises, la stratégie vise à limiter l’usage des armes dans cette région où les déplacements sont devenus extrêmement risqués.

Nous devons réduire au maximum la circulation des armes, afin de garantir la sécurité des citoyens qui se déplacent

« Nous sommes en train de sanctuariser cette région. Nous devons réduire au maximum la circulation des armes, afin de garantir la sécurité des citoyens qui se déplacent », a commenté le colonel Didier Badjeck, porte-parole de l’armée.

Selon le général Agha Robinson, commandant de la 5e région militaire interarmées qui couvre la région du Nord-Ouest, le succès de cette opération a été rendue possible par « la collaboration des populations », victimes des violences. Un bon point qu’engrange l’armée camerounaise dans sa lutte contre les milices sécessionnistes, et qui se réjouit d’ailleurs « des progrès sur le terrain ». « Au début c’était extrêmement difficile, aujourd’hui la population essaye de nous aider dans le travail que nous avons à faire, et nous revenons peu à peu à une situation normalisée », ajoute Didier Badjeck.


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Des milliers d’armes et de munitions saisis

Mais si l’armée salue les avancées qu’elle effectue sur le terrain, la capacité de nuisance des sécessionnistes est toujours perceptible. Le 21 novembre, un convoi de l’armée est tombé dans une embuscade tendue par les sécessionnistes au lieu-dit de Lewoh, sur l’axe Menji-Alou, dans le Sud-Ouest. Un militaire a été tué, et onze autres blessés. Des sources font état d’une attaque menée avec des canons de fabrication artisanale. Les meurtres et les rapts se sont multipliés dans les deux régions en crise, et l’usage des armes s’est répandu. La provenance de ces dernières, en circulation dans le pays, n’est pas toujours établie.

« Nous avons saisi aujourd’hui plus de 2 000 armes sur le théâtre des opérations, a révélé le porte-parole de l’armée. Des armes traditionnelles certes, mais pas que, et surtout plusieurs milliers de munitions », a-t-il ajouté.

En septembre dernier, la marine camerounaise avait intercepté trois navires nigérians transportant des armes. L’enquête ouverte pour établir la provenance et la destination de ses fusils AK47 n’a toujours pas été communiqué. Au sein de l’armée, l’idée de soutiens extérieurs qui appuient le mouvement sécessionniste semble être de plus en plus une évidence.


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Un dialogue est-il possible ?

Mais loin des calculs militaires et stratégiques, les populations, victimes du conflit, implorent la fin des combats. « Tous ce que nous voulons c’est que le gouvernement et les sécessionnistes dialoguent. C’est la seule solution pour mettre fin à cette guerre, pas les armes », se lamente Victorine, une habitante de Bamenda.

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