Défense

Nord du Tchad : l’armée a « délogé l’ennemi » à Miski, affirme N’Djamena

Des forces tchadiennes engagées contre Boko Haram, en mars 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le ministre de la Défense tchadien a affirmé samedi que l'armée avait "délogé et dégagé l'ennemi" à Miski dans le Tibesti, région du nord en proie à des violences où il s'est rendu en visite, a rapporté dimanche la télévision d'État.

« Nous sommes à Miski, nous avons délogé l’ennemi, dégagé l’ennemi », a déclaré le général Daoud Yaya devant des troupes, après une visite avec un chef de l’armée, selon le média d’Etat.

« J’appelle toute la population de Miski, ceux qui appartiennent à l’État tchadien, de venir auprès des forces de sécurité et laisser le terrain libre à ceux qui veulent créer des problèmes », a-t-il déclaré, en prévenant : « et nous sommes en face » de ces derniers.

La zone désertique et montagneuse du Tibesti (nord-ouest), frontalière de la Libye et du Niger, est en proie à des tensions accrues depuis trois mois.

Attaque de rebelles tchadiens depuis la Libye

En août, une attaque de rebelles tchadiens depuis la Libye sur la localité aurifère de Kouri Bougoudi, dans la même région, a été suivie d’une riposte militaire musclée.

Depuis, les combats sont fréquents dans la zone. Selon N’Djamena, le déploiement militaire vise à « nettoyer » les localités aurifères des « orpailleurs illégaux et des « trafiquants d’armes » ou « d’êtres humains ».

A Miski, des combats opposent depuis plusieurs jours l’armée tchadienne à un comité autoproclamé d’autodéfense d’habitants du massif du Tibesti.

Ce comité, créé début novembre dans la circonscription de Yebbi-Bou, proteste contre « l’opération punitive » de l’armée tchadienne dans la zone de Miksi et veut y « défaire » l’armée.

Il n’était pas possible dimanche d’établir un bilan des combats de source indépendante.

Un fort dispositif militaire pour isoler Miski

Un responsable des services de sécurité a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat que N’Djamena avait déployé un fort dispositif militaire dans la zone de Miski. Des bombardements aériens y ont eu lieu ces derniers jours.

L’armée cherche à isoler Miski en bloquant toutes les issues qui mènent à cette localité, a-t-on ajouté de même source.

« Il y a un embargo sur Miski, les trois axes qui mènent à la sous-préfecture (sont) tous tenus par l’armée. Le but est d’empêcher l’accès aux médicaments et à la nourriture et de retourner la population contre les insurgés », selon le porte-parole du comité local d’auto-défense, Mouli Sougui, ex-sous-préfet de Yebbi-Bou.

L’extrême-nord du Tchad est une immensité désertique aux montagnes présumées riches en métaux précieux, habitée par des Toubou.

Peu contrôlée, cette zone est propice à de nombreux trafics entre le Tchad, le Soudan, le Niger et la Libye. Plusieurs groupes rebelles tchadiens sont présents dans ces pays frontaliers.

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