Télécoms

Au forum AfricaCom, les opérateurs de télécom misent sur l’explosion de l’internet mobile

Une femme haoussa regarde son smartphone, pendant les élections nigérianes de mars 2015. © Ben Curtis/AP/SIPA

Court-circuités sur les appels et les messages par des services tels que WhatsApp, les opérateurs comptent sur les nouveaux services liés à l’internet sur mobile pour générer de nouveaux revenus. Mais la connectivité des Africains reste toute relative.

La 21e édition de la conférence annuelle AfricaCom, qui rassemble au Cap environ 14 000 professionnels du secteur des télécoms et des nouvelles technologies, s’achève ce 15 novembre. Même si les dirigeants des grands opérateurs – dont Rob Shuter, directeur général du sud-africain MTN et Alioune Ndiaye, patron régional du français Orange – se sont plaints lors de la manifestation de la diminution de leur revenus liés à la communication vocale et aux SMS, court-circuités par Whatsapp notamment, ils continuent d’être très optimistes sur leur avenir en Afrique grâce à la diversification de leurs activités, portée par la croissance de l’internet mobile.


>>> À LIRE :  Technologie : comment Whatsapp a conquis l’Afrique


En plus des revenus liés à la connexion, l’internet sur mobile leur permettra de distribuer de nouveaux services à leurs abonnés, dont ceux de paiement et banque sur mobile, très rentables, qui connaissent un fort développement, mais aussi de mise à disposition de vidéos, dont la consultation explose.

Couverture imparfaite

Actuellement, rappellent les spécialistes rencontrés au Cap, seulement un tiers des 444 millions de clients africains de la téléphonie mobile utilisent régulièrement internet, du fait de leur modèle téléphone mobile trop ancien, équipé seulement de la technologie 2G, et d’une couverture 3G – qui permet un accès correct à internet – encore imparfaite dans de nombreuses régions.

Les opérateurs entendent doubler cette proportion d’ici 2025, avec 60 % des clients accédant à la 3G à cette date-là (et 24% à la 4G), grâce à une baisse des coûts des smartphones – tel que le modèle non tactile qui a été lancé par MTN le 13 novembre, d’un coût de 20 dollars –, mais aussi et surtout par l’extension de la couverture des technologies GSM 3G et 4G, complétées par des services de fourniture d’accès d’internet par satellite, qui deviennent plus abordables qu’avant.

La 5G plus puissante et moins coûteuse que la fibre ?

Cette explosion attendue de l’internet mobile oblige les opérateurs – et leurs partenaires, les installateurs d’infrastructure, au premier rangs desquels Nokia et Ericsson – à réfléchir d’ores et déjà à un passage à la 5G, le thème phare à l’AfricaCom, même si cela peut paraître de la science-fiction pour certains pays d’Afrique centrale, où la couverture 3G est encore balbutiante. Déjà mise en service par Vodacom au Lesotho il y a quelques mois, le lancement de la 5G a été annoncé pour l’Afrique du Sud le 14 novembre lors de la conférence du Cap par l’opérateur local Rain, avec pour partenaire technique Nokia.

Dans un premier temps, cette technologie ne sera guère accessible aux particuliers africains : on attend encore les premiers smartphones 5G standardisés, qui devraient être disponible en 2019. À ses débuts, elle sera plutôt réservée à certaines grandes entreprises ayant besoin d’un débit très élevé, pour lesquelles cette technologie sera plus puissante et souvent moins coûteuse que l’installation de la fibre. Elle leur permettra notamment une première mis en place de l’internet des objets sur le continent, pour faire par exemple un tracking de produits, de composants ou de camions pour des groupes miniers ou l’industrie manufacturière.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte