Cinéma

« Charcoal » : quand Francesca Andre filme les dégâts du colorisme

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Mis à jour le 02 juillet 2019 à 15h02
FRANCESCA ANDRE

FRANCESCA ANDRE ©

La réalisatrice et productrice haïtienne Francesca André révèle dans son film « Charcoal » les ravages du colorisme sur la femme noire.

Si on constate une amélioration de la diversité et de la représentativité des femmes noires dans la mode ou les médias, il existe encore aujourd’hui des populations afrodescendantes qui souffrent du colorisme – la hiérarchisation des teints noirs – et pratiquent la dépigmentation volontaire. Elles sont discriminées et dévaluées en raison de l’intensité de leur couleur de peau. Voilà ce que dénonce Francesca André dans son premier court métrage Charcoal, traduisez « charbon » en français.

Elle aborde la question du colorisme à travers une petite fille et une femme plus âgée. L’une ne supporte pas son reflet dans le miroir tandis que l’autre se maquille pour paraître moins foncée et décide de cacher ses cheveux crépus sous une perruque lisse.

Sur le rythme de « Four Women » chantée par Nina Simone, les femmes adoptent des gestes et des attitudes développées par l’idée que les Blancs seraient « supérieurs » et qu’être clair est « plus beau, plus acceptable ». Un long chemin, où l’estime de soi et l’indifférence face aux regards de la société vont se rencontrer,  s’ouvrira à elles. Dans une interview accordée au Nouvelliste, Franscesca André explique l’essence de Charcoal  :

« Ce film charrie des messages préconisant l’amour et l’acceptation de soi, des images encourageant les femmes noires à accepter leur identité, à embrasser leur origine et leur singularité. Non seulement le sujet de la couleur de la peau est abordé, mais aussi les cheveux. Le choix des coiffures que font de nombreuses femmes noires sont liées à des normes de beauté alignées sur le colorisme. »

Le colorisme, un problème qui persiste

Franscesca André sait de quoi elle parle ! Née en 1984 à Haïti, elle quitte son pays natal pour les États-Unis à 15 ans et est diplômée de l’Université Fairfield. La jeune femme a pu observer ce phénomène durant son enfance mais également pendant ses années mannequinats et son travail de photographe. Passionnée par la narration depuis toujours, elle décide de se mettre derrière la caméra et de faire découvrir au public Charcoal, tourné en trois mois.

Récompensé par le Reel Sisters of the Diaspora Film Festival, le Crystal Ship Mini Indie Film Festival ou encore le Women of African Descent Film Festival, ce film prouve que le problème du colorisme est encore présent dans la société.  Découvrez la bande annonce !

Après  la Silicon Valley African Film Festival, Charcoal sera présenté à Nairobi au Slum Film Festival ( 1–27 octobre) et au Yonkers Film Festival (3–8 novembre ).

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