Justice

Procès Gbagbo : les avocats de Blé Goudé rejettent les accusations fondées sur un « dossier vide »

Charles Blé Goudé, à la Cour pénale internationale, le 27 mars 2014. © Michael Kooren/AP/SIPA

Au troisième jour de la reprise du procès devant la Cour pénale internationale (CPI) de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, poursuivis pour crimes contre l'humanité, la défense de ce dernier a rejeté les accusations du procureur, essentiellement fondées, selon elle, sur des « ouï-dire ».

Au troisième jour de la reprise du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, poursuivis pour crimes contre l’humanité pour des faits datant de la crise postélectorale, la défense de ce dernier a rejeté les accusations du bureau de la procureure Fatou Bensouda.

« Pour soutenir l’allégation que des membres de milices avaient ciblé des maisons de Dioula [groupe ethnique du nord de la Côte d’Ivoire, réputé favorable à Alassane Ouattara, rival de Laurent Gbagbo, lors de la crise postélectorale, ndlr], l’accusation s’appuie sur trois témoins. Si vous regardez de plus près les déclarations, ce sont des déclarations qui sont en réalité des opinions, s’appuyant sur des ouï-dire, des doubles ouï-dire ou des ouï-dire anonymes », a dénoncé Me Geert-Jan Alexander Knoops, à la tête de l’équipe de défense de Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo entre décembre 2010 et avril 2011.

« Où se trouvent les éléments de preuve, ou les témoins » ?

« Où sont les éléments de preuve suivant lesquels monsieur Blé Goudé fut un protagoniste du plan commun ? Où se trouvent les éléments de preuve, ou les témoins qui indiquent que monsieur Blé Goudé était parfaitement informé de la conception du plan commun ? », s’est emporté l’avocat, qui a suivi la même stratégie que l’équipe de défense de Laurent Gbagbo. Ces derniers, menés par Me Emmanuel Altit, remettent globalement en cause « des preuves de très mauvaise qualité » de l’accusation.


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Charles Blé Goudé confiant ?

Sur le banc des accusés, Charles Blé Goudé, bras droit de l’ex-chef d’État ivoirien, est apparu souriant, visiblement confiant, face à la contre-offensive de son avocat. Sanglé dans une tenue traditionnelle du pays akan (centre) et coiffé d’une couronne de notable, Blé Goudé a été présenté par l’accusation comme le leader de la milice des ex-jeunes patriotes, farouches défenseurs de Laurent Gbagbo.

Il est poursuivi, au même titre que son mentor, pour « quatre charges de crimes contre l’humanité que constituent le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou (à titre subsidiaire) la tentative de meurtre et la persécution », pour des événements en rapport avec la crise postélectorale de 2011.

Début octobre, à la reprise du procès, Eric Mc Donald, le substitut de la procureure Fatou Bensouda, avait pointé la responsabilité de « l’ex-ministre de la rue » – baptisé ainsi par certains médias pour sa capacité de mobilisation – dans certaines exactions commises notamment contre des communautés ressortissantes du nord de la Côte d’Ivoire, par des milices qu’il aurait pu stopper, selon l’accusation, du fait de son influence.


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« Certaines personnes, dès qu’elles sont soupçonnées d’appartenir à des groupes communautaires, sont lynchées et brûlées avec « l’article 125 » [article officieux utilisé lors de la crise ivoirienne et qui visait à immoler par le feu toute personne soupçonnée d’être un opposant dangereux, ndlr]. Et l’instigateur est Blé Goudé ».

La défense demande l’abandon des charges

Pour l’avocat principal de l’ancien leader de la « galaxie patriotique », « les éléments de preuve n’ont pas été présentés par le procureur, d’où la demande d’abandon des charges contre Charles Blé Goudé », du fait d’un « dossier vide ».


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Le juge et président Cuno Tarfusser a suspendu la séance qui devrait reprendre le 19 novembre prochain, avec la poursuite de la contre-attaque de l’équipe de défense de Charles Blé Goudé. À l’issue de ces audiences, les trois juges devront se prononcer sur la libération ou non des deux accusés, comme l’exigent leurs avocats (qui ont introduit une demande de non-lieu) ou s’ils souhaitent que le procès se poursuive avec la présentation des témoins de la défense.

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