Sport

Estelle Mossely : championne olympique de boxe, ingénieure, maman épanouie et auteure !

ESTELLE MOSSELY

ESTELLE MOSSELY ©

À l’occasion de la sortie de son autobiographie « Maman t’écrit », ITC s’est entretenue avec la boxeuse française Estelle Mossely. Cette femme de 25 ans d’origine congolaise et ukrainienne connue pour ses exploits sportifs compte également se faire un nom dans le monde de l’entreprise ! Elle met les préjugés et les difficultés KO sur le ring comme dans la vraie vie.

L’interview était prévue pour 14h30 dans nos locaux. Puis repoussée à 17h45 au téléphone pour finalement se réaliser à 15h30. Son agent avait prévenu de l’emploi du temps très chargé d’Estelle Mossely. Alors lorsque la championne de boxe vous appelle assise à l’arrière d’une voiture l’amenant à son entrainement, vous arrêtez ce que vous faites et vous répondez. « Aujourd’hui c’est un peu la course, il y a des changements de programme. Ce sont des choses qui arrivent », dit-elle le sourire dans la voix. En décembre dernier, la maman du petit Ali a annoncé qu’elle reprenait sa carrière sportive – après l’avoir suspendu après avoir remporté le titre olympique à Rio en 2016 – et passait professionnelle. Son ambition ? Devenir la première championne olympique à être championne du monde.

On pourrait croire que cette envie l’anime depuis son enfance, mais en réalité Estelle Mossely s’imaginait faire tout autre chose : « Je ne me voyais pas championne olympique ou sportive de haut niveau. Petite, je voulais être à la tête d’une grosse société à l’échelle internationale ! » révèle-t-elle.

Il se trouve que dans sa démarche, le sport – que ce soit la danse, le patinage artistique ou encore la natation exercée dans sa jeunesse – était pour elle le moyen de s’épanouir personnellement. Et si cela pouvait l’aider dans ses projets professionnels, c’était tant mieux. « Je me suis dit qu’être championne olympique était une possibilité d’entrer plus rapidement dans mes projets. C’est comme un accélérateur de carrière ». Et ça, elle l’a compris à l’âge de 14 ans. Deux ans après son premier entrainement de boxe.

A cette époque-là, elle commence tout juste la boxe amateur, où les coups sont portés : « Là, j’accédais à un autre niveau. J’avais déjà fait quelques compétitions, mon entraîneur m’encourageait beaucoup. Il y avait la possibilité d’aller en équipe de France, de gagner des compétitions internationales. Ça a créé un état d’esprit » se rappelle-t-elle. A 17 ans elle rentre en équipe mais ne perd pas de vue son objectif. Elle jongle entre le lycée, ses études supérieures, sa pratique haut niveau et les compétitions. Désireuse de suivre la voie de ses parents, Estelle excelle dans la filière scientifique et obtient un diplôme de l’école supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci.

Une fierté pour son père d’origine congolaise et sa mère ukrainienne contraints de quitter l’Europe de l’Est dans les années 90. Immigré en France pour vivre leur amour librement, ce couple mixte a dû tout reconstruire en partant de zéro, aucun de leur diplôme (doctorat et bac + 5) n’étant reconnu par l’état français. C’est pour eux « dune certaine manière », qu’Estelle est devenue ingénieure en conception et développement, tout en marquant l’histoire le 19 août 2016. Ce jour-là, c’est son anniversaire et elle décroche la première médaille d’or de l’histoire de la boxe féminine française au Jeux Olympiques de Rio face à la Chinoise Yin Junhua.  « L’objectif était de mener et de réussir les deux : vie professionnelle et vie sportive ».

Marquer le sport féminin afin d’aider la cause féminine

L’aventure ne fait que commencer, Estelle Mossely est loin d’avoir fini. Déterminée, compétitrice et ambitieuse, Estelle compte bien profiter des retombées positives de ce titre de championne olympique pour entreprendre, créer et mettre son expérience au service des autres : « En avril 2017, j’ai fondé lObservatoire européen du sport féminin afin d’essayer d’améliorer les choses pour les futures athlètes. C’est un dispositif d’aide et d’encadrement avec la mise en place d’un pôle de soutien financier, une cellule d’écoute composée d’experts et de spécialistes pour établir un plan de carrière qui intègre la vie de l’athlète, ses contraintes familiales, personnelles et qui prépare à l’après carrière ».

À travers cette Observatoire dont la soirée de lancement est prévue pour la rentrée 2018, Estelle Mossely présentera plusieurs actions dont une qui lui tient cœur : « Elle s’appelle ‘boxer les préjugés’ ! On mettra cela en place dans dix villes en France pour éduquer à la pratique sportive et montrer qu’il n’y a pas de sport dédié aux filles ou aux garçons ».

Consciente qu’elle incarne pour les femmes un exemple de réussite dans des milieux dits masculins, Estelle veut encourager, motiver et raconter son histoire afin de montrer l’envers du décor et révéler ses échecs ainsi que les leçons apprises. Elle veut aussi pousser les femmes à se lever là où on ne les attend pas en créant sa propre société : « Je suis passionnée par les nouvelles technologies, j’aime beaucoup la réalité virtuelle. Je veux réaliser des choses quelques part hors normes liées à mon métier dans les sciences et l’informatique. Pour l’instant je suis dans le sport, une fois que j’aurais tourné la page, j’aurais le temps de me poser et réaliser ce projet d’avenir » dit-elle avec excitation.

Mettre son expérience au service de l’autre

Son objectif est de réussir elle-même pour pouvoir réaliser des choses qui lui tiennent à cœur dans la société, pour ses parents, sa famille et son premier fils né le 12 août 2017. Estelle Mossely lui dédie un livre Maman t’écrit (éd. MediaSpolis), dans lequel elle parle de ses engagements, ses échecs et ses réussites. À travers les pages, il lui arrive même de le conseiller, parfois de l’avertir, et de lui donner une petite ligne de conduite dans le but, toujours, de mettre son expérience au service de l’autre.

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