Diplomatie

Conférence de Palerme sur la Libye : un climat apaisé mais peu d’avancées concrètes

L'envoyé spécial pour l'ONU en Libye Ghassan Salamé (à g.) et le président du Conseil italien Giuseppe Conte, mardi 13 novembre 2018 à Palerme. © Antonio Calanni/AP/SIPA

Sourires, photos et petites phrases. C'est le modeste bilan de la conférence de Palerme sur la Libye, qui s'est clôturée mardi 13 novembre en début de soirée.

C’était pour la diplomatie italienne l’occasion de démontrer qu’elle était capable de rassembler tous les acteurs – nationaux et internationaux – de la crise libyenne. De ce point de vue, et sitôt dissipés les doutes sur la venue du maréchal Haftar finalement arrivé lundi soir, l’opération est plutôt réussie. Les représentants d’une trentaine de pays (France, Égypte, Émirats arabes unis, Tchad, Maroc, Algérie, Tunisie, entre autres) et les têtes des principales institutions libyennes se sont bien réunis en Sicile.


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À en croire la communication italienne, ainsi que l’émissaire du secrétaire général de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé, l’ambiance a été chaleureuse et constructive, exceptée le fait que la délégation turque a claqué la porte, dénonçant les ingérences étrangères dans le dossier libyen.

On ne change pas de cheval au milieu du gué, aurait déclaré Haftar, avalisant le maintien de Sarraj à la tête du GNA

Le maréchal Haftar n’a pas non plus participé à la plénière, ni posé pour la traditionnelle photo de famille clôturant la conférence internationale. Il a en revanche assisté à une réunion privée lors de laquelle Fayez al-Sarraj était présent. « On ne change pas de cheval au milieu du gué », y aurait déclaré l’homme fort de la Cyrénaïque, avalisant en creux le maintien de Fayez al-Sarraj à la tête du Gouvernement d’entente nationale (GNA) jusqu’aux élections.

Une photo de la réunion a très vite circulé, ainsi qu’une image des deux rivaux se serrant la main sous les auspices du président du Conseil italien Giuseppe Conte.

La sécurité au cœur des échanges

Au niveau des avancées concrètes, le bilan est plus maigre. Au-delà des déclarations d’intention sur une coopération commune des États intéressés par la question libyenne, Ghassan Salamé affirme que la conférence a permis d’avancer dans l’organisation d’une conférence nationale libyenne, prévue en janvier 2019. Quant aux élections, l’impossibilité de les organiser avant la fin de l’année 2018 avait déjà été actée avant la conférence de Palerme.

L’émissaire de l’ONU espère relancer le processus électoral à partir du printemps. Il compte également étendre au reste du pays la trame de l’accord sécuritaire trouvé à Tripoli en septembre. La session plénière de mardi n’a d’ailleurs duré qu’une poignée d’heures, faisant douter quant à l’émergence de réelles avancées. Les discussions bilatérales, autour de la situation sécuritaire notamment, ont pris davantage de place.

Le processus de stabilisation de la Libye devrait être totalement laissé aux Libyens

« Nous n’avons jamais eu la prétention de fournir, à travers cette conférence, la solution à la crise libyenne », a reconnu le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, estimant que le processus de stabilisation de la Libye devait « être totalement laissé aux Libyens ».


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Dans le communiqué final de la conférence, cité par l’AFP, les participants ont souligné notamment la nécessité de préparer le cadre constitutionnel pour la tenue d’élections – dont un référendum sur un projet de Constitution – , de soutenir la conférence nationale de l’ONU et d’appuyer la formation d’une armée unifiée sous une autorité civile.

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