Transport ferroviaire

Maroc : la LGV enfin lancée

Rame LGV - ONCF - Office National des Chemins de Fer © REA

Porté comme le projet phare de la relation historique qui lie le Maroc à la France, la Ligne à grande vitesse qui relie Tanger à Casablanca a été inaugurée le 15 novembre. Le président français Emmanuel Macron était présent aux côtés du souverain marocain pour cette cérémonie.

Comme pour le lancement des travaux en 2011, un président français a fait le déplacement au Maroc le 15 novembre pour l’inauguration de la première Ligne à grande vitesse (LGV) du Maroc. Emmanuel Macron s’est en effet rendu à Tanger ce jeudi pour prendre part avec le roi du Maroc Mohammed VI à l’entrée en service du premier train à grande vitesse d’Afrique. Les deux chefs d’État ont effectué un premier voyage symbolique, à bord des rames Alstom qui relieront désormais la ville du détroit à la capitale économique du pays, Casablanca.

Initialement attendue en décembre 2015, et après plusieurs reports, le train baptisé « Al Boraq » par le souverain, a passé les cinq derniers mois à effectuer des tests, afin qu’il soit confronté aux conditions réelles d’exploitation. Conduit par un cheminot marocain, qui a été formé entre autres en France, le train d’essai a réussi à atteindre la vitesse record de 357 km/h au mois de mai dernier. Al Boraq circulera, pour rappel, à 320 km/h entre Tanger et Kenitra et baissera ensuite sa vitesse à 160 km/h, jusqu’à Casablanca. Le trajet entre les deux terminus se fera ainsi en 2 h 10 seulement au lieu de 4 h 45 actuellement.

Participations

Le projet dans sa globalité a coûté un total de 23 milliards de dirhams (près de 2 milliards d’euros), soit 15% de dépassement. Une donne qui ne ravit certainement pas Mohamed Rabie Khlie, le directeur général de l’Office national des chemins de fer marocain (ONCF), qui s’était fixé comme objectif de construire la LGV la moins chère du monde.


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L’état marocain a participé avec une enveloppe de 5,8 milliards de dirhams, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social a mis 1 milliard de dirhams. De son côté, l’État français a participé à plus de 50 % de l’investissement global, dans lequel l’Agence française de développement (AFD) a contribué avec plus de 300 millions d’euros.

L’ONCF a aussi obtenu des financements auprès de plusieurs fonds arabes. Selon les éléments fournis au lancement du chantier, le Fonds saoudien pour le développement a accordé 144 millions d’euros, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe a participé avec 100 millions d’euros, le Fonds arabe pour le développement économique et social a injecté à 86 millions d’euros et enfin 70 millions d’euros ont été apportés par le Fonds d’Abu Dhabi pour le développement.

SNCF, Egis, Systra, Alstom et Colas Rail

Durant ces sept années de construction, plusieurs entreprises françaises ont pris part à ce projet. La SNCF s’est par exemple occupée de la maîtrise d’ouvrage auprès de l’ONCF, le groupe Egis a assuré la maîtrise du génie civil, Systra, filiale de la SNCF, a réalisé le tracé, Alstom a livré les 12 rames et Colas Rail a pris en charge les voies et les caténaires.

Les plus grands groupes marocains de BTP ont aussi participé à cet immense chantier. À l’image de la SGTM, qui s’est occupée de la construction de trois viaducs, dont celui d’El Hachef, l’un des plus longs d’Afrique avec ses 3,5 km de long. L’entreprise présidée par Ahmed Kabbaj a aussi construit la nouvelle gare de Casablanca, terminus de la LGV, pour une enveloppe de 390 millions de dirhams (environ 35 millions d’euros).

Son premier concurrent, TGCC, s’est occupé des ateliers de maintenance des trains à Tanger pour 640 millions de dirhams (environ 59 millions d’euros) et aussi de la gare TGV Rabat-Agdal pour 600 millions de dirhams (près de 55 millions d’euros). D’après ce que nous avons pu constater sur place, les deux gares ne sont pas encore livrées et les équipes apportaient ces dernières semaines les touches finales. L’ONCF avait auparavant expliqué que la mise en service du train pouvait se faire même si les gares ne sont pas toutes livrées.

Rentabiliser l’investissement

Pour rentabiliser cet énorme investissement, l’ONCF et son directeur général ont toujours exprimé le souhait de doubler, en trois années d’exploitation, la fréquentation de la ligne en passant de 3 à 6 millions de passagers. Selon des sources bien informées chez le transporteur public, les dirigeants espèrent atteindre 7 millions de voyageurs pour assurer un équilibre financier. Trente rames circuleront quotidiennement entre Tanger et Casablanca avec un départ prévu toutes les heures.

Sur l’ensemble des communications faites avant l’inauguration de la LGV, le ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, Abdelkader Amara, et Mohamed Rabie Khlie ont voulu rassurer quant aux prix qui seront appliqués. Sur un train classique, le billet en première classe coûte 195 dirhams (environ 18 euros) et il est prévu que les nouveaux prix soient 30% supérieurs à ces niveaux.

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