Économie

Africa Investment Forum : 400 millions de dollars pour l’Innovation City de Kigali et 800 millions pour le pont entre Brazzaville et Kinshasa

Akim Adesina, président de la BAD, au Africa Investment Forum à Johannesburg - novembre 2018. © BAD

En clôture de l'Africa Investment Forum, qui s'est tenu la semaine dernière à Johannesburg, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a annoncé la conclusion de 45 contrats, représentant plus de 32 milliards de dollars. « Une grande réussite », s'est-il félicité.

Pour le président de la BAD, Akinwumi Adesina, l’Africa Investisment Forum, que l’institution panafricaine a organisé à Johannesburg du 7 au 9 novembre derniers, « a dépassé toutes les attentes ». Plus de 45 transactions y ont été conclues, pour un montant cumulé de plus de 32 milliards de dollars (28 milliards d’euros).

Parmi les signatures phares de cette rencontre, un deal à 2,6 milliards de dollars pour construire un métro aérien à Accra. Ce projet sera porté par un consortium sud-africain dénommé Africa Investment SkyTrain Consortium, qui s’est engagé à « démontrer la faisabilité du projet » dans les neuf mois, les travaux devant quant à eux commencer « d’ici janvier 2020 », a précisé Joe Ghartey, le ministre ghanéen des Chemins de fer et du Développement, qui a paraphé l’accord.

Lors du forum, est également revenu sur le devant de la scène le projet d’un pont sur le fleuve Congo, un dossier qui revient périodiquement depuis les indépendances et toujours repoussé pour des raisons politiques ou financières, alors qu’entre ces deux villes pourtant proches, la frontière est un véritable frein aux échanges.

Brazzaville-Kinshasa : le pont revient à l’ordre du jour

En janvier 2004, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale le réactive dans son Plan directeur consensuel des transports et en 2008, la BAD propose de consacrer 7,5 millions de dollars aux études de faisabilité (soit 92 % de leur coût), les deux pays concluant un protocole d’accord en juin 2009.


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En 2012, le projet se précise : d’un montant évalué à 500 millions de dollars, il se dessine sur la forme d’un pont-route-rail qui franchirait le fleuve au niveau de Maluku, à une soixantaine de kilomètres en amont des centres-villes des deux capitales. Une distance que relativise Lambert Mende, ministre de la communication de la RDC, joint par Jeune Afrique : « Cela reste dans le périmètre de Kinshasa », assure-t-il. D’autant que des Zones économiques spéciales (ZES) sont prévues de part et d’autre du fleuve.

Cette fois-ci la BAD, Africa50 et les gouvernements des deux Congos s’engagent à consacrer 800 millions de dollars. Mais aucun calendrier n’est à ce jour avancé. « Il faut encore que les deux pays mettent en place une structure commune pour piloter le projet », précise Lambert Mende, pour qui le dossier, « également discuté lors du Forum sino-africain de Pékin, le 3 septembre, avance bien ».

À Maluku pourtant, cet optimisme n’est pas partagé par tous. « J’attends de voir la pose de la première pierre avant d’y croire vraiment », nous confie ainsi un entrepreneur de la place, qui a acheté en 2015 des terrains de la future Zone économique spéciale, côté RDC, et s’impatiente. « Tous les trois mois, on nous dit qu’il faut encore attendre. C’est complètement bloqué », déplore-t-il.

Côté brazzavillois, la ZES Maloukou-Tréchot est plus avancée – bien que non encore fonctionnelle -, et doit être connectée au port de Pointe-Noire via une bretelle de la RN 1 reliant le port à la capitale en contournant Brazzaville par le nord.

L’expertise d’Africa50 à Kigali

Autre dossier, dont le chantier est beaucoup plus avancé, celui de l’Innovation City de Kigali, pour lequel le gouvernement du Rwanda et Africa50 ont conclu un accord de coopération de 400 millions de dollars pour la création d’une « Cité de l’innovation digitale », comprenant des espaces commerciaux, au sien de la future Silicon Valley rwandaise. Nommé co-sponsor et partenaire du projet, Africa50 « y apportera son expertise et aidera à sélectionner d’autres partenaires, y compris des institutions financières et des investisseurs privés », pour mener à bien le chantier, explique le fonds d’investissement de la BAD dans un communiqué.

D’un montant global de 2 milliards de dollars, l’Innovation City rassemblera complexe universitaire, sièges d’entreprises, incubateur… Bref, toutes les composantes d’une « économie de la connaissance », reliées au reste du monde via la fibre, où devraient à terme travailler 50 000 personnes et où le secteur des nouvelles technologies doit générer à lui seul 150 millions de dollars d’exportation chaque année, selon les chiffres publiés par Africa50.

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