Politique

Tunisie : l’Assemblée approuve le remaniement de Youssef Chahed

Le chef du gouvernement Youssef Chahed lors d'une conférence de presse, vendredi 2 novembre 2018 à Tunis. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Tard dans la nuit du 12 au 13 novembre, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a finalement approuvé le remaniement ministériel proposé par le chef du gouvernement Youssef Chahed une semaine plus tôt.

Après plus de huit heures de débats et en présence de 160 députés sur 217, l’hémicycle du Bardo a accordé sa confiance à chacun des 13 nouveaux ministres et cinq secrétaires d’État choisis par le chef de l’exécutif. Ce qui aurait dû n’être qu’un ajustement, une simple formalité, a focalisé toute l’attention puisque le remaniement, attendu depuis six mois, était perçu comme l’acmé d’une sévère crise politique qui divise le pays.


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Youssef Chahed, dans son allocution face aux élus, a défendu son bilan en imputant les retards et les difficultés actuelles à un passif dont il a hérité en intégrant la Kasbah en 2016. Il a également pointé les objectifs qui sont essentiellement économiques. Mais ses détracteurs notent que les portefeuilles des Finances et de l’Investissement n’ont pas changé de mains, et n’escomptent ni une mise en place de réformes urgentes ni une relance immédiate.

Représentativité instable

Le locataire de la Kasbah a néanmoins tenté de préserver la représentativité des partis au sein de son équipe en maintenant les ministres issus de Nidaa Tounes, en portant à neuf ceux d’Ennahdha et en intégrant des figures d’Al Moubadra et de Machrou Tounes. Une composition logique mais ambiguë, dans la mesure où Nidaa Tounes est en désaccord avec Youssef Chahed, dont le parti a gelé l’adhésion.

Pour autant, à un an des élections législatives et présidentielle, la stabilité semble loin d’être garantie

Niant tout désaccord avec le président de la République, Youssef Chahed, malgré des entorses procédurales, semble avoir remporté la manche du remaniement. Pour autant, à un an des élections législatives et présidentielle, la stabilité semble loin d’être garantie. La hausse du prix à la pompe des hydrocarbures risque d’entretenir l’agitation sociale et l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) menace d’une grève générale fin novembre si le gouvernement n’accorde pas d’augmentations salariales aux fonctionnaires.

Dans tous les cas, Chahed, avec l’appui d’Ennahdha et du groupe parlementaire de la Coalition nationale, avance ses pions et semble d’ores et déjà dans les starting-blocks pour les élections législatives et présidentielles de 2019, bien qu’il n’ait encore rien déclaré en ce sens.

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