Politique

Déclarations de Michaëlle Jean sur le procès de Diane Rwigara : « Notre système judiciaire opère librement », répond Kagame

Le président rwandais Paul Kagame, lors des commémorations du génocide des Tutsis au Rwanda, en 2014 à Kigali. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le président rwandais Paul Kagame a répondu ce dimanche 11 novembre à Paris à de récentes déclarations de la secrétaire générale sortante de l'OIF, Michaëlle Jean, commentant le procès d'une opposante rwandaise, Diane Rwigara.

Le 8 novembre, la Canadienne Michaëlle Jean, encore en fonctions mais bientôt remplacée à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par la Rwandaise Louise Mushikiwabo, a tweeté : « Suivons avec la plus grande attention le procès intenté au #Rwanda contre l’activiste en faveur de la liberté d’expression #DianeRwigara et de sa mère libérées provisoirement début octobre, accusées devant un tribunal de Kigali d’incitation à l’insurrection ».

Elle faisait référence au fait que le parquet rwandais avait le 7 novembre requis 22 ans de prison contre Diane Rwigara, 37 ans, opposante et critique du président Kagame accusée d’incitation à l’insurrection et de falsification de documents, des charges qu’elle conteste vigoureusement.

Le tweet avait déjà été commenté depuis Kigali comme un acte opportuniste – notamment par Olivier Nduhungirehe, le secrétaire d’État au ministère rwandais des Affaires étrangères en charge de l’East African Community -.

Réaction de Kagame

Le parquet rwandais a également demandé 22 ans de réclusion contre sa mère, Adeline Rwigara, « pour incitation à l’insurrection et promotion du sectarisme ». « Notre système judiciaire opère librement, tout le monde devrait le savoir (…) Cette question n’a rien à voir avec la Francophonie », a déclaré le président rwandais Paul Kagame à un journaliste de l’AFP qui l’interrogeait à propos du tweet de Jean.

Kagame s’exprimait en marge du Forum de Paris sur la paix, organisé dimanche 11 novembre après la cérémonie de commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale qui s’est tenue dimanche matin dans la capitale française et à laquelle le président rwandais a participé aux côtés de plus de 70 chefs d’État et de gouvernement.

La candidature à l’élection présidentielle de 2017 de Diane Rwigara avait été invalidée par la commission électorale. Elle a à plusieurs reprises accusé le gouvernement rwandais de maquiller les chiffres de l’économie pour les enjoliver. Kagamé a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix. Une réforme de la Constitution adoptée par référendum fin 2015 lui permet de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

Le français dans les écoles rwandaises

La candidature du Rwanda à la tête de l’OIF – dont l’une des missions est de contribuer au renforcement de la gouvernance démocratique, de l’État de droit et du rôle de la société civile – avait suscité des critiques. Kigali avait aussi donné l’impression de s’éloigner de la France en remplaçant en 2008 le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire à l’école, puis en rejoignant le Commonwealth en 2009. Interrogé à ce sujet, le président Kagame a déclaré dimanche à l’AFP que « le français n’avait jamais disparu des écoles rwandaises et que son enseignement continuerait. »

 

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