Elections

Madagascar : dans l’attente des résultats de la présidentielle, les favoris affichent leur confiance

Dans un centre de collecte des bulletins de vote, le 8 novembre à Antananarivo. © Kabir Dhanji/AP/SIPA

Deux des candidats favoris à l'élection présidentielle, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, sont donnés au coude-à-coude par les premiers résultats très provisoires publiés par la Commission électorale. L'ambiance était déjà à la fête dans leur QG dès la fin des votes.

20h50, le 7 novembre. Dans le QG du candidat favori Andry Rajoelina, le public de l’amphithéâtre exulte, siffle, applaudit. Pour cette soirée du premier tour de la présidentielle malgache, sur un écran géant, la présentatrice de Viva – la chaîne détenue par le candidat – vient d’annoncer en direct que son patron mène avec 75 % des voix sur le plan national. Depuis une trentaine de minutes, la chaîne diffuse déjà des chiffres locaux montrant toujours une victoire écrasante d’Andry Rajoelina sur ses concurrents.

Des chiffres à prendre avec grande précaution : comme ce candidat, les deux autres favoris (Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina) disposent de leurs propres canaux d’information. Chacun d’eux disent avoir placé des assesseurs dans l’intégralité des 24 582 bureaux de vote. Ce sont eux qui transmettent des données, une fois que le dépouillement est achevé et le procès-verbal officiel signé. Devant ces chiffres prématurés, la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) demande la plus grande prudence.


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47,18 % de participation, selon les résultats provisoires

Selon les premiers résultats provisoires et très partiels publiés jeudi par la Commission électorale, les deux anciens chefs de l’État seraient au coude-à-coude : Andry Rajoelina obtient 43,5 % des suffrages et Marc Ravalomanana 42,44 %, selon des résultats portant sur 147 des 24 852 bureaux de vote. En troisième position, le président sortant Hery Rajaonarimampianina décroche 2,93% des voix.

Le taux de participation provisoire est de 47,18%, selon la Ceni.

Kabir Dhanji/AP/SIPA

Avant même l’annonce de ces résultats très partiels, Andry Rajoelina faisait une entrée triomphante sur la scène de son QG : « Les tendances expriment la volonté du peuple malgache. » L’ancien président de 2009 à 2014 remercie aussi sa femme et l’embrasse sur scène. L’ambiance est à la fête mais il ne se déclare pas pour autant élu au premier tour.

Le camp Rajoelina exulte, celui de Ravalomanana attend les résultats officiels

À peu près au même instant, au QG de Marc Ravalomanana, leurs premières tendances tombent aussi. Elles donnent le patron de Tiko en tête avec plus de 50% des votes exprimés. Les résultats sont projetés au mur. L’atmosphère tranche par rapport au QG vitré, ultra-moderne d’Andry Rajoelina, en périphérie de la capitale. Marc Ravalomanana a choisi un bâtiment en béton blanc, très sobre, en plein cœur de la ville, avec un rez-de-chaussée totalement ouvert. Comme Rajoelina, Ravalomanana se dit confiant devant ses partisans.

Vers 23h30, son directeur de campagne, Rabenja Tsehenoarisoa, rappelle que toutes les données remontées sont encore très partielles et non officielles. « Un candidat ne peut pas donner de résultats définitifs lui même, ajoute-t-il. Marc Ravalomanana ne veut pas du tout s’engager sur ce chemin-là. »

Concernant d’éventuelles fraudes , « nous attendons l’arrivée de la plupart de nos procès-verbaux pour nous prononcer. Mais aujourd’hui, nous avons eu connaissance d’incidents qui sortent de l’ordre public, comme une urne bourrée à Marovoay, ou des listes électorales déchirées, ou encore des bulletins absents à Itaosy durant la première heure. Tous ces problèmes créent une marge d’erreur non négligeable sur le premier tour. C’est notre équipe juridique qui va gérer. »

« Le président « Hery » est confiant »

À la différence des deux autres favoris, le camp du président sortant Hery Rajaonarimampianina n’a donné aucune tendance dans la soirée. Au lendemain du vote, son camp restait toujours silencieux.

« Les autres [candidats, ndlr] mènent une opération de communication, réplique aux alentours de minuit Djohary Andrianambinina, un des responsables de la communication du candidat, dans un siège silencieux où travaillent des jeunes militants à la remontée des résultats. « Ils ont annoncé les scores là où ils sont les plus forts, renchérit-il. Nous, nous attendons d’avoir tous les résultats. Le président « Hery » est confiant. »

Au-delà des résultats très partiels publiés jeudi, seuls les résultats officiels devraient trancher ces guerres de chiffres. Les procès-verbaux doivent parvenir dans les Sections de recensement des matériels de vote (SRMV) dans les cinq jours après le scrutin, selon la loi. Les opérateurs de la Ceni saisissent les données dans le logiciel électoral, et les bulletins doivent ensuite atteindre physiquement dans la capitale au plus tard sept jours après le scrutin. La Ceni n’exclut pas l’usage d’hélicoptères pour les bureaux de vote les plus difficiles d’accès.

À l’issue des résultats officiels, si aucun des candidats n’obtient 50 % des suffrages, un second tour sera organisé le 19 décembre.

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