Économie

Le Mozambique obtient un accord de principe pour la restructuration de son eurobond

Vue de Maputo en 2010 © CC/Wikimedia Commons

Une lueur d'espoir pour l'économie mozambicaine : deux ans après que le pays a fait défaut sur son obligation internationale, le gouvernement vient de conclure un accord de principe avec une partie de ses créanciers sur la renégociations des termes de cet emprunt.

Le 6 novembre, le gouvernement mozambicain a annoncé avoir conclu un accord de principe avec une partie de ses créanciers pour restructurer un eurobond de 726,5 millions de dollars, arrivant à maturité en 2023, sur lequel il a fait défaut en 2016.

Dans le cadre de cet accord, le Mozambique va émettre un nouvel eurobond de 900 millions de dollars (789 millions d’euros), arrivant à maturité en 2033, avec un coupon de 5,875 %, soit environ un peu plus de la moitié du taux de l’emprunt actuel. Le remboursement du principal de l’obligation internationale, équivalant à peu près à l’encours actuel plus un peu plus de 180 millions de dollars d’intérêts impayés, commencera en 2019. Les créanciers du Mozambique vont également recevoir jusqu’en 2033 5 % des futurs revenus fiscaux tirés des projets de gaz naturel Area 1 et Area 4. Ceux-ci doivent entrer en production au cours de la décennie 2020. Ces paiements seront plafonnés à 500 millions de dollars.

Importantes réserves de gaz naturel

Les zones offshores 1 et 4 sont situées au large des côtes de la province de Cabo Delgado (nord du pays), où ont été découvertes d’importantes réserves de gaz naturel, estimées à 180 billions de pieds cubes. Des projets de production de gaz naturel liquéfié (GNL) sont en chantier, développés par des consortiums dirigés par la société américaine Anadarko Petroleum et la compagnie pétrolière italienne ENI.

« L’accord constitue un premier pas important vers la sortie de la longue saga de la dette qu’a connu le Mozambique » explique William Jackson, économiste en chef des marchés émergents chez Capital Economics, dans une note publiée le 6 novembre. Le pays, l’un des plus pauvres d’Afrique avec un PIB par habitant de 426 dollars l’an dernier selon le FMI, a connu de graves difficultés en 2016 lorsque le Fonds monétaire international et d’autres bailleurs ont suspendu leurs programmes de financement après avoir appris l’existence de prêts garantis par l’État, que le gouvernement avait tenus secrets. L’économie a également été touchée par la baisse des revenus provenant des exportations de charbon et d’aluminium.


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L’accord doit encore être validé par les investisseurs et le parlement

Les quatre créanciers qui ont accepté la restructuration de cet emprunt international contrôlent 60 % de l’eurobond arrivant à échéance en 2023. « D’autres investisseurs devront être inclus dans l’opération pour qu’elle soit juridiquement contraignante, poursuit William Jackson. La clause d’action collective de l’obligation 2023 indique que l’appui des détenteurs de 75 % de l’encours de dette est nécessaire pour apporter de tels changements. » Cet accord est également conditionné à l’approbation du Parlement et à la finalisation des modalités par les parties.

Mais ce n’est pas la fin des ennuis pour le pays. Cet eurobond ne compte que pour 5 % du PIB, contre 60 % pour la dette bilatérale et multilatérale (le total de l’endettement public atteignait 113 % du PIB en 2017). Ainsi, pour William Jackson, « le poids de la dette ne devrait s’alléger sensiblement qu’avec un resserrement budgétaire important ou un réaménagement des prêts multilatéraux et bilatéraux ».

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