Elections

Cameroun : Paul Biya prête serment et promet aux sécessionnistes « la rigueur de la loi »

Paul Biya lors de sa prestation de serment pour son septième mandat, le 6 novembre 2018 à Yaoundé. © DR / Cabinet civil de la présidence camerounaise

Paul Biya a prêté serment mardi 6 novembre à l’Assemblée nationale pour son septième mandat. Le président camerounais réélu à l'issue du scrutin du 7 octobre, a notamment affiché sa « détermination » face aux sécessionnistes des régions anglophones.

Il n’a passé aucune seconde sans sa toge de chef d’État. Escorté comme à l’accoutumée par le dispositif protocolaire dédiée au président de la République, c’est accompagné par la garde d’honneur que Paul Biya, 85 ans, est arrivé à l’Assemblée nationale, mardi 6 novembre, pour sa prestation de serment. « I do so swear », a répété, laconique, Paul Biya, ouvrant ainsi officiellement son septième mandat consécutif à la tête de l’État.


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C’est sous les ovations que Paul Biya s’est installé au pupitre, face aux représentants des corps constitués, responsables des différentes chancelleries et invités de marques venus pour l’occasion. En bonne place, également, la famille présidentielle représentée par l’ensemble du clan Biya.

À sa droite Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale depuis 1992. À sa gauche, Clément Atangana, 77ans, président du Conseil constitutionnel qui l’a proclamé vainqueur de la dernière élection avec 71,28% des suffrages. Un peu plus loin, le président du Conseil économique et social et le 1er vice-président du sénat, qui représente Niat Njifenji, président du Sénat, absent pour cause de maladie.


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Menaces sécuritaires

Une trentaine de minutes a suffi à Paul Biya pour faire le bilan du mandat finissant et dresser le nouveau cap. Dans son allocution, le président réélu a notamment évoqué les contingences économiques qu’a connues le pays depuis 2011, avant de s’attaquer aux menaces sécuritaires qui pèsent sur le Cameroun.

« Dans nos régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des forces négatives ont cru pouvoir profiter  de revendications d’ordre corporatiste pour essayer de mettre en œuvre un projet de sécession. Il s’en est suivi une succession d’actes de violence terroriste auxquels le gouvernement a répondu en prenant des mesures nécessaires pour préserver l’ordre public, ainsi que la sécurité des citoyens et de leurs biens », a lancé Paul Biya.

« À ces entrepreneurs de guerre, qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. J’en appelle tout particulièrement aux jeunes qui se sont laissé entraîner dans une aventure sans lendemain », a-t-il ajouté.

Les propos de Paul Biya interviennent au lendemain de l’enlèvement spectaculaire de 79 élèves, toujours retenus otages depuis leur kidnapping dans la nuit du 3 au 4 novembre. Les combats entre sécessionnistes et forces de défense ont repris en intensité depuis quelques semaines, après une accalmie observée lors de la présidentielle. Le nombre de victime ne cesse de croître, et le nombre des déplacés de ce conflit qui secoue les régions anglophones du Cameroun depuis 2016 ne cessent de s’amplifier.

Manifestations interdites, opposants arrêtés

La prestation de serment s’est déroulée dans une ville militarisé, notamment en raison des manifestations annoncées par des opposants. Des dizaines de miliaires ont notamment quadrillé le secteur proche de l’esplanade du Stade Omnisport de Yaoundé, où les partisans de Maurice Kamto avaient appelé à une manifestation.


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Elle s’est finalement tenue au Rond-Point Nlongkak, avant d’être dispersée par les forces de sécurité. Maurice Kamto, ainsi que plusieurs cadres de son parti, ont été arrêtés avant d’être conduits au domicile du leader du MRC, où ils étaient encore retenus par les forces de sécurité en début d’après-midi.

Loin de ces tumultes, c’est escorté par une quarantaine de motards que Paul Biya a regagné le palais présidentiel, où devait se tenir mardi soir un banquet d’État offert par le couple Paul et Chantal Biya.

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