Politique économique

Politique monétaire : la BEAC rehausse son taux directeur

Le Tchadien Abbas MahamatTolli pilote la Beacdepuis mars 2017. © Fernand Kuissu

Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) passe de 2,95 à 3,5% au terme du troisième comité de politique monétaire tenu le 31 octobre. La banque centrale prévoit également une amélioration de la croissance économique au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.

La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) continue de resserrer sa politique monétaire. Après avoir décidé d’une première hausse de 50 points de base de son taux directeur, le 22 mars 2017, son comité de politique monétaire, réuni le 31 octobre à Yaoundé, l’a à nouveau augmenté de 55 points de base. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) passe ainsi de 2,95 % à 3,5 %.

Cette décision s’inscrit dans la logique de renforcer la remontée en cours du volume des réserves de change de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) regroupant le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée Equatoriale. Elle permet de ponctionner de la liquidité, car « on s’est rendu compte de ce que si on injecte 100 F CFA dans le circuit, 55 à 60 F CFA sortent de la zone et cela réduit nos réserves », soutient son gouverneur, Abbas Mahamat Tolli.


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Frappée par une crise sévère, la zone Cemac avait vu ses réserves fondre, passant de 15,5 milliards de dollars en 2014 à 4,9 milliards de dollars deux années plus tard, couvrant à peine 2,3 mois d’importations. Grâce aux programmes que le Cameroun, le Gabon et le Tchad ont conclu avec le FMI, il en est résulté un apport de ressources qui ont conforté les réserves de change qui permettent aujourd’hui de couvrir 2,8 mois d’importations. Le but est de parvenir à couvrir 5 mois d’importations à moyen terme.

Le spectre d’une dévaluation « est loin »

Cet apport d’argent frais a permis au taux de couverture extérieure de la monnaie de monter à 59,7 %, contre 57,5 % un an plus tôt. L’objectif étant de le stabiliser au dessus de 60 % si le Congo et la Guinée Équatoriale parviennent également à conclure avec le FMI. Un taux relativement confortable, d’où l’incompréhension des dirigeants de la banque centrale à propos du débat sur une éventuelle dévaluation du F CFA d’Afrique centrale – une polémique ayant resurgi en marge du sommet des chefs de l’État de la Cemac, le 25 octobre à Ndjamena : « L’éventualité d’une dévaluation ne peut être envisagée que si le taux de couverture extérieure descend en dessous de 20 %. Vous voyez bien qu’on est loin du compte ! », s’insurge un cadre de la BEAC.

La Banque centrale table sur une amélioration de la conjoncture en 2018 au sein de la Cemac. Elle prévoit un taux de croissance à 1,7 % (au même niveau que l’inflation), contre 0,2 % en 2017. Une évolution attribuable à l’augmentation concomitante des cours et de la production du pétrole dont cinq des six pays sont producteurs, ainsi que qu’à la mise en œuvre accélérée des réformes engagées pour sortir de la crise sous l’impulsion du FMI.

Le déficit budgétaire sera en principe ramené à 0,3 % du PIB, alors qu’il était de 3,8 % un an plus tôt. Le déficit courant quant à s’infléchira légèrement, à 4,2 % du PIB.

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