Politique

Maroc : « régression patente des droits de l’Homme », selon le rapport d’une ONG

Manifestation pour la libération des détenus du Hirak du Rif, le 11 juin, à Rabat. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

L'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) a dénoncé jeudi une «régression patente des droits humains» au Maroc, en déplorant l'«augmentation considérable du nombre de détenus politiques».

Dans son rapport couvrant 2017 et une partie de 2018, la plus importante ONG de défense des droits de l’Homme du pays fustige la « répression qui a touché de nombreux mouvements sociaux, particulièrement le Hirak du Rif », dans le nord du Maroc.

Les mouvements de protestation sociale se sont multipliés ces deux dernières années dans des régions marocaines déshéritées.

Le plus important, appelé Hirak, a agité en 2016-2017 la région historiquement frondeuse du Rif. Ses meneurs ont été arrêtés et condamnés en juin à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison.

Le rapport affirme que le nombre total de détenus et de personnes poursuivies en raison de « leurs opinions critiques » ou de « leurs activités au sein des mouvements de protestation », y compris dans le Rif, a « dépassé 1 020 ».

Évoquant une « augmentation considérable du nombre de détenus politiques », le président de l’AMDH, Ahmed El Haij, a précisé que ce nombre incluait des activistes qui ont entretemps été innocentés. Face à une « crise sociale, l’État a choisi d’adopter une approche sécuritaire », a-t-il regretté.

L’AMDH déplore le « faible engagement » de l’État

Dans un discours prononcé en juillet 2017, le roi du Maroc Mohammed VI s’était félicité que les forces de l’ordre aient « préservé la sécurité et la stabilité » dans la région en réfutant les « allégations » de ceux qui parlent « d’approche sécuritaire ».

Les autorités marocaines avaient affirmé que la protestation dans le Rif a fait plus de 600 blessés parmi les forces de l’ordre et sept millions de dirhams (640 000 euros) de dégâts.

Dans son bilan, l’AMDH déplore par ailleurs le « faible engagement » de l’État dans la lutte contre la torture, et s’inquiète d’une « recrudescence des violations systématiques du droit d’organisation, de création d’associations et de manifestation pacifique ».

Le rapport dénonce enfin une « diffamation qui s’est généralisée » contre les « opposants, activistes et journalistes indépendants » ainsi qu’un « acharnement systématique contre les défenseurs des droits humains », y compris l’AMDH.

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