Agroalimentaire

EDF participera à la première centrale à biomasse de Côte d’Ivoire

| Par Jeune Afrique
En Côte d’Ivoire, plantation de palmier à huile emploie 200 000 personnes.

En Côte d'Ivoire, plantation de palmier à huile emploie 200 000 personnes. © NabilZorkot/JA

EDF s’associe à Sifca pour construire et exploiter une centrale électrique alimentée par les troncs et feuilles de palmiers à huile. Prévue pour 2015 à Aboisso, cette centrale de 46 MW – unique en Afrique – sera reliée au réseau national.

Le premier groupe agro-industriel en Afrique de l’Ouest, l’ivoirien Sifca, et le géant de l’électricité français EDF ont annoncé le 22 septembre la signature à Paris d’un protocole d’accord pour la construction et l’exploitation d’une centrale électrique alimentée par de la biomasse. « D’une puissance installée de 46 MW (sur un total de 1 632 MW sur l’ensemble de la Côte d’Ivoire), cette centrale sera située dans la région d’Aboisso, à une centaine de kilomètres à l’est d’Abidjan. Le lancement est prévu en 2015 », ont précisé les deux sociétés dans un communiqué conjoint, ajoutant que « ce protocole d’accord reste soumis à l’approbation des instances de gouvernance des deux parties qui se donnent un an avant de finaliser un accord de partenariat et un plan de financement ».

Ce projet répond à deux défis africains, et notamment ivoiriens : valoriser la biomasse générée par les activités agro-industrielles et répondre aux besoins en énergie dans un continent où le taux d’électrification est de moins de 40%.
David Billon

Aucun détail n’a été donné quand à la nature exact de cet cet accord mais selon des informations révélées par Jeune Afrique en mai dernier, EDF devrait être à la fois être le partenaire technique mais aussi entrer au tour de table de la société porteuse du projet. Selon les mêmes sources, Bouygues est également engagé pour l’aspect construction mais aussi pour entrer au capital.

700 à 800 emplois

« Ce projet appelé Biokala répond à deux défis africains, et notamment ivoiriens : valoriser la biomasse générée par les activités agro-industrielles et répondre aux besoins en énergie dans un continent où le taux d’électrification est de moins de 40 % », explique David Billon, promoteur du projet et administrateur du groupe Sifca, fondé par sa famille. Selon le communiqué, Biokala devrait apporter des revenus complémentaires aux planteurs d’huile de palme qui pourront désormais vendre leurs déchets à Biokala.

La centrale pourrait créer entre 700 et 800 emplois, directs et indirects (principalement pour la collecte de 400 000 tonnes de résidus par an), dégager une trentaine de millions d’euros de revenus supplémentaires dans la filière et favoriser le renouvellement des plantations sur 60 000 hectares. Le projet est enregistré à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, générant 160 000 tonnes de crédits-carbone par an.

Nouveau pôle

La question de l’électricité est cruciale pour le développement de l’Afrique. Dans un rapport publié début 2013, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) indiquait qu’en 2010, 590 millions d’Africains (57 % de la population) n’avaient pas accès à l’électricité, un chiffre qui pourrait atteindre 655 millions en 2030 si le rythme actuel d’investissements n’était pas accéléré. En dehors de l’hydroélectricité et des énerges fossiles comme le gaz, les énergies renouvelables sont une ressource abondante et prioritaire sur le continent. Mais tant le solaire que la biomasse tardent à décoller en Afrique.

Pour Sifca, dont Biokala est une filiale, le projet est stratégique : en cas de succès, il pourra en effet être dupliqué dans d’autres pays où le groupe produit de l’huile de palme (Ghana, Nigeria, Liberia) et constituer ainsi un nouveau pôle d’activités (en plus de l’huile de palme, du caoutchouc et du sucre), aux revenus moins soumis aux fluctuations du cours des produits agricoles.

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