Diplomatie

Crise au Burundi : l’Union européenne prolonge ses sanctions d’un an

La police patrouille dans le quartier de Musaga à Bujumbura, au Burundi, tirant à balles réelles pour disperser les manifestants protestant contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, le mercredi 20 mai 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

L’Union européenne a décidé le 25 octobre de renouveler d'un an les mesures restrictives prises à l’encontre de personnalités accusées d'entraver le processus de sortie de crise.

Pour « absence de progrès », l’Union européenne a annoncé le jeudi 25 octobre prolonger d’un an les sanctions à l’encontre de personnalités accusées d’entraver le processus de sortie de crise. Il s’agit en particulier de quatre Burundais impliqués dans des actes de violence, de répression ou d’incitation à la violence et déjà sanctionnés depuis octobre 2015. Ils sont accusés de « faire obstacle à une solution politique à la crise ».

Il s’agit de trois responsables de la sécurité du gouvernement en place – Godefroid Bizimana, directeur général adjoint de la police nationale, Gervais Ndirakobuca, chef de cabinet de l’administration présidentielle et Mathias-Joseph Niyonzima, agent du Service national de renseignement (SNR) – et de Léonard Ngendakumana, un des généraux à l’origine du coup d’État avorté en mai 2015 au Burundi.

« Ces mesures consistent en une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union européenne et en un gel des avoirs » pour « des activités considérées comme compromettant la démocratie ou faisant obstacle à la recherche d’une solution politique à la crise burundaise », indique le communiqué publié sur le site du conseil européen.

Appel au dialogue

L’Union européenne a également réitéré son appel au dialogue, se disant « préoccupée » par la situation des droits humains au Burundi « qui nuit à toute initiative de réconciliation, de paix et de justice ». Le Burundi traverse une profonde crise depuis l’annonce en 2015 de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Sa réélection, en juillet de la même année, avait notamment déclenché une vague de violences, faisant près de 2 000 morts et 400 000 déplacés.

Depuis le début de la crise socio-politique au Burundi, l’UE affirme que « seul un dialogue débouchant sur un consensus, dans le respect de l’Accord d’Arusha pour la paix [signé en 2000, ndlr] et de la Constitution du Burundi, permettra de trouver une solution politique durable dans l’intérêt de la sécurité et de la démocratie ».

Des vaines tentatives de réconciliation

En parallèle, Michelle Bachelet, haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, a demandé au Burundi de « montrer du respect à l’égard de leurs composantes, de leurs lois et de leurs mécanismes », dans un communiqué publié le 25 octobre.

En septembre, la Commission d’enquête des Nations unies a vu son mandat prolongé d’un an. L’institution avait publié un rapport le 5 septembre dans lequel elle pointait du doigt de graves violations des droits de l’homme, dont des crimes contre l’humanité qui se sont poursuivis dans le pays entre 2017 et 2018. Dans le viseur de la Commission d’enquête : les membres du service national de renseignement, de la police, de l’armée, et les Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir), accusés d’être responsables de la majorité de ces violations des droits de l’homme.

Le gouvernement burundais avait annoncé le 23 octobre qu’il serait absent de la dernière session du dialogue de sortie de crise au Burundi, prévue à partir du 24 octobre à Arusha, en Tanzanie. L’objectif affiché de ces discussions était l’organisation d’élections « inclusives » en 2020.

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