Sécurité

Mali : l’état d’urgence prolongé d’une année supplémentaire

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 7 juin 2015 à Rome. © Gregorio Borgia/AP/SIPA

L'état d'urgence au Mali, en vigueur quasiment sans interruption depuis l'attentat jihadiste contre un grand hôtel de Bamako en novembre 2015, a été à nouveau prolongé d'un an à compter du 31 octobre, a annoncé jeudi le gouvernement.

« Le présent projet de loi (…) proroge jusqu’au 31 octobre 2019 à minuit l’état d’urgence déclaré sur le territoire national », précise le compte rendu officiel du conseil des ministres du 24 octobre.

Cette décision, adoptée mercredi soir en conseil des ministres, intervient deux mois après la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a fait de la « sécurisation » du Mali la priorité de son second mandat.

L’état d’urgence accorde notamment des possibilités d’intervention accrues aux forces de sécurité, en matière de fouilles et de restrictions de circulation et de rassemblements.

Décrété à la suite de l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre 2015, l’état d’urgence avait été pour la dernière fois prolongé d’un an en octobre 2017, jusqu’au 31 octobre 2018.

Sa dernière prolongation « a permis entre autres de renforcer les mesures de prévention au niveau des autorités administratives compétentes, de proroger les effets des poursuites judiciaires liées à l’état d’urgence et d’accroître les actions de contrôle et les capacités opérationnelles des forces de sécurité sur le territoire national », souligne le gouvernement.

Restaurer la sécurité

Sa prorogation est cependant « apparue nécessaire » et « vise à renforcer les dispositifs de prévention des risques d’atteinte à la sécurité des personnes et de leurs biens », ajoute le texte.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Les violences intercommunautaires dans le centre du Mali ont fait plus de 500 morts parmi les civils depuis le début de l’année, selon les comptages de l’ONU.

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