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Cet article est issu du dossier «Génocide au Rwanda : Bisesero, le massacre qui embarrasse l’armée française»

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Droits de l’homme

France-Rwanda : des associations dénoncent un « naufrage judiciaire » dans l’affaire de Bisesero

Des soldats français de l'opération Turquoise, en 1994 sur l'aéroport de Bukavu au Zaïre (actuelle RDC), juste avant leur départ pour la France. © Reuters (Archives)

Après treize années d’instruction, la justice française a refermé par un non-lieu son enquête sur les massacres de Bisesero, au Rwanda. De nombreux éléments du dossier étayent pourtant le rôle trouble de certains officiers français dans le génocide des Tutsi, provoquant l’indignation d’ONG parties civiles.

« Hmmm hmmm… » « Ouais, ouais… » Face au génocide des Tutsi en train de s’achever, c’est par ces pudiques onomatopées que le colonel Jacques Rosier, l’un des principaux officiers de l’opération Turquoise, se contentait de réagir à la traque visant quelque 2 000 rescapés sur les collines de Bisesero, dans l’ouest du Rwanda, aux premiers jours de l’opération « militaro-humanitaire » française mandatée par l’ONU.

Le contenu de la vidéo diffusée le 25 octobre par le site français Mediapart est connu de longue date. On n’y trouve nul appel au meurtre ni la moindre trace explicite d’une complicité de génocide dont l’armée française se serait rendue coupable, en cette fin juin 1994.

Pourtant, pour qui sait les décrypter, ces quelques secondes filmées par le service vidéo des armées, n’en sont pas moins assassines. Elles montrent en effet que les officiers qui commandaient les « précurseurs » – ces soldats d’élite des forces spéciales françaises qui ont posé, les premiers, le pied au Rwanda – n’ont pas bronché en apprenant que les derniers rescapés tutsi encore en vie pouvaient être sauvés.

Selon France 24, la divulgation de ces images a d’ailleurs entraîné une poursuite judiciaire contre le site Web parisien, par trois militaires français, pour recel de violation du secret de l’instruction.

La colline accouche d’une souris

En 2005, une instruction était ouverte contre X pour « complicité de génocide et de crimes contre l’humanité » au tribunal aux armées de Paris, à l’instigation de cinq rescapés rwandais soutenus par des associations. Treize ans plus tard, malgré les auditions et les documents déclassifiés accumulés pendant l’instruction, les collines de Bisesero ont pourtant accouché d’une souris : le 27 juillet, au diapason du Parquet, les juges d’instruction du pôle « génocide et crimes contre l’humanité » du TGI de Paris – qui a depuis hérité du dossier – ont en effet estimé que les éléments recueillis ne justifiaient pas un procès, prononçant un non-lieu.

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