Football

Algérie – Adel Amrouche : « Le Mouloudia, ça ne se refuse pas »

Le nouvel entraîneur du Mouloudia club d'Alger, Adel Amrouche. © TopNews On Youtube

Deux semaines après avoir démissionné de son poste de sélectionneur de la Libye, l’Algérien Adel Amrouche (50 ans) a été nommé, lundi 22 octobre, entraîneur du prestigieux Mouloudia club d'Alger (MCA), où il succède à Bernard Casoni.

Après avoir dirigé son premier entraînement mardi 23 octobre, le technicien a accordé à Jeune Afrique sa première interview en tant que coach du Mouloudia, où il s’est engagé pour deux ans.

Jeune Afrique : vous avez quitté votre poste en Libye le 9 octobre, et vous n’envisagiez pas de retravailler aussi vite. Finalement, vous voici à la tête du Mouloudia d’Alger. Comment cela s’est-il concrétisé ?

Adel Amrouche : C’est vrai que je ne pensais pas retravailler tout de suite. Et pas forcément en Algérie, deux ans après ma brève expérience à l’USM Alger. Mais j’ai été contacté par Mohamed Kaci-Saïd, le directeur sportif du Mouloudia. Nous sommes amis. Il m’a proposé le poste, mais au départ, je n’étais pas très chaud. Finalement, il a insisté. Et j’ai accepté. Le Mouloudia est le club le plus populaire d’Algérie.

Vous avez entraîné l’USMA, le grand rival algérois en 2016, et…

(il coupe, amusé) Je vois où vous voulez en venir. C’est vrai que j’ai l’étiquette USMA. J’y ai joué, entraîné des jeunes et l’équipe professionnelle, en 2016, même si je ne suis pas resté longtemps. Pourquoi ? Parce que des choses ne me convenaient pas et que je suis un homme de principes.

Les supporters de l’USMA ne sont pas très contents, mais c’est comme ça, c’est la vie

Je ne pouvais pas continuer à travailler dans ces conditions. À peine nommé au MC Alger, j’ai reçu des messages, via les réseaux sociaux, des supporters de l’USMA qui ne sont pas très contents. Je peux les comprendre, mais c’est la vie, c’est comme ça. On me propose d’entraîner un grand club, j’ai accepté et c’est ainsi.

Vous n’ignorez pas que la pression est très forte autour du Mouloudia…

Je sais. Mais j’ai entraîné le DC Motema Pembe en RD Congo, où il y a 100 000 personnes à chaque match. Cela ne me fait pas peur. Je sais où j’ai signé. On m’a fait venir pour mettre en place un projet, qui consiste notamment à se qualifier pour une coupe continentale en 2019-2020. Je sais que la pression sera forte, que tout ce que je ferai sera analysé et commenté, mais à 50 ans j’ai de l’expérience.

Vous êtes né à Alger, mais vous avez quitté l’Algérie assez jeune. Avez-vous l’impression d’être connu dans ce pays ?

Assez peu, finalement. J’ai beaucoup entraîné à l’étranger, où j’ai dirigé quatre sélections nationales (Guinée équatoriale, Burundi, Kenya, Libye). Certains Algériens vont peut-être croire que je débute ma carrière au Mouloudia. Je ne sais pas si c’est un avantage ou un handicap.

On m’a notamment fait venir pour se qualifier à une coupe continentale en 2019-2020

J’ai une bonne connaissance du foot africain même si, ces dernières années, c’est vrai que j’ai plus travaillé avec des sélections qu’avec des clubs. Ce n’est pas le même travail. Ce qui me rassure, c’est que les joueurs du Mouloudia me connaissent déjà : ils ont visiblement eu des informations par ceux de l’USMA que j’ai dirigés. Ils doivent déjà savoir comment je travaille.

Revenons à votre départ de Libye. On a évoqué des retards dans le paiement de votre salaire…

C’était le cas, en effet. J’avais signé un contrat en mai, et pourtant je n’étais pas payé, pas plus que mes adjoints. Mais il y a une autre raison : on a interféré dans mon travail, en voulant que je me sépare de mes deux assistants algériens avant les matchs face au Nigeria, en qualification pour la Coupe d’Afrique des nations.

On a aussi tenté de m’influencer pour que je ne sélectionne pas un joueur parce qu’il a une forte personnalité et dit les choses. Je ne pouvais pas l’accepter. C’est dommage, car je pense que la Libye pouvait se qualifier pour la CAN 2019. Après les deux défaites face aux Nigérians (0-4, 2-3), cela risque d’être plus compliqué. J’ai vécu une belle expérience avec cette équipe, dans des conditions difficiles, car la Libye traverse une période compliquée. J’aurais aimé aller au bout, mais je ne pouvais vraiment pas rester…

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