Politique

Affrontements aux Comores : les autorités présentent un protocole d’accord aux insurgés

Depuis le 15 octobre, l'île d'Anjouan, aux Comores, est le théâtre d'affrontements. Ici, la médina de la capitale Mutsamudu (phot d'illustration). © Flickr/CC/David Stanley

Depuis le 15 octobre, l’île comorienne d’Anjouan est le théâtre d’affrontements armés qui auraient déjà causés la mort de quatre personnes, dont un policier. Un protocole d'accord rédigé par les autorités a été présenté aux contestataires le 19 octobre.

Tout a commencé le lundi 15 octobre, lors d’une manifestation contre l’actuel pouvoir du président Azali Assoumani, qui a rapidement dégénéré en combats de rue.

Les différents accès de Mutsamudu, la capitale de l’île, ont d’abord été bloqués par des troncs d’arbres, avant que ne claquent les premiers coups de feu. Le soir-même, la ville a été placée sous couvre-feu, pendant que les forces de l’ordre encerclaient la médina où une trentaine d’hommes, cagoulés et armés, s’étaient retranchés.

Doutes sur l’identité des contestataires

Selon le ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, ils auraient débarqué de Mayotte un peu plus tôt pour infiltrer la manifestation organisée en opposition à la réforme constitutionnelle adoptée par référendum fin juillet.

Une thèse immédiatement contestée par le préfet du département français, Dominique Sorain. Les autorités comoriennes ont d’abord rejeté la responsabilité de ces événements sur le parti d’opposition Juwa, dirigé par l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, originaire d’Anjouan et placé sous résidence surveillée à Moroni depuis bientôt cinq mois, dans une affaire de corruption.

Ces dernières heures, il semble que ce soit plutôt le camp de Mohamed Bacar, ancien président d’Anjouan entre 2002 et 2007 et aujourd’hui exilé au Bénin, qui concentre les soupçons du pouvoir central comorien.

Présentation d’un protocole d’accord

Les affrontements, qui se poursuivaient toujours le 19 octobre dans les vieux quartiers de Mutsamudu, ont déjà causé la mort de quatre personnes, dont un policier.

La veille, plusieurs insurgés se seraient rendus avant l’ultimatum fixé à 9 heures par Moroni. D’importants renforts militaires auraient été débarqués à Anjouan le soir-même, pour intensifier les opérations de maintien de l’ordre sur la capitale, toujours coupée du reste de l’île.

Un protocole d’accord, rédigé par les autorités, a été présenté le 19 octobre aux contestataires. Ces derniers ont jusqu’à 19 heures, heure locale, pour rendre leurs armes aux militaires sur place, et ainsi bénéficier d’une immunité.

Dans un communiqué publié le 16 octobre, Abdou Abdou Salami, le gouverneur d’Anjouan et proche de Sambi, avait assuré comprendre les revendications de la population anjouanaise, et défendu le principe de la présidence tournante entre les trois îles de l’Union des Comores, remise en cause par la nouvelle Constitution. Dorénavant, il faut attendre 2029 pour qu’un Anjouanais occupe à nouveau le fauteuil de la présidence et non plus 2021, comme prévu précédemment. Le gouverneur de l’île en a également profité pour prendre ses distances avec les insurgés.

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