Conseil

« Le marché du conseil enregistre une croissance à deux chiffres en Afrique francophone » – Trois questions à Sami Rahal (Deloitte)

Sami Rahal, PDG Deloitte France et Afrique francophone. © Deloitte.

Historiquement présent sur le continent dans le domaine de l'audit, Deloitte cherche désormais à y développer ses activités de conseil. Jeune Afrique a rencontré son PDG France et Afrique francophone, Sami Rahal.

Depuis son bureau parisien, Sami Rahal, 52 ans, PDG de Deloitte France, gère aussi les équipes du cabinet présentes en Afrique francophone. Il a sous sa responsabilité 13 bureaux, qui couvrent 19 pays de la région. Cet expert-comptable, diplômé de l’Essec, avait par le passé créé le département M&A transaction services au sein du cabinet qu’il préside actuellement. Nous avons pu le rencontrer lors de sa dernière visite au Maroc.

Que pèse le secteur du conseil dans la région que vous couvrez ?

Le marché pèse actuellement entre 300 et 400 millions d’euros, avec une croissance à deux chiffres depuis quelques années. Même s’il est encore loin du niveau de l’Afrique anglophone, il est en plein développement. Historiquement, nos prestations de conseil étaient sollicitées par les gouvernements pour l’élaboration des politiques sectorielles. Ce besoin existe toujours, et l’on demande de plus en plus aux cabinets d’accompagner également l’exécution de la stratégie et sa mise en œuvre.

Pour nous, le Maroc est un hub vers le reste du continent

Mais nous assistons aussi à la montée en puissance d’une nouvelle clientèle privée, constituée de champions régionaux et de grands groupes panafricains, qui veulent être accompagnés par des cabinets de conseil pour sécuriser leurs investissements.

Quels sont les pays qui présentent pour vous le potentiel le plus important ?

Je citerais la Côte d’Ivoire, le Gabon où nous sommes leader historique, la Tunisie, la RDC, le Sénégal et le Maroc. Le royaume nous intéresse plus particulièrement car il connaît une croissance assez régulière et bénéficie d’une position remarquable aux niveaux économique et politique par rapport à toute la région. Pour nous, c’est un hub vers le reste du continent. Beaucoup d’investisseurs marocains s’intéressent au potentiel existant au sud du Sahara et nous sollicitent pour les accompagner dans cette stratégie d’expansion.

Malgré l’accompagnement par des grands cabinets, les stratégies de développement mises en place par les gouvernements sont rarement des réussites. Pourquoi ?

Il y a aussi des succès, notamment dans le domaine de l’industrie, même si certains cabinets ont effectivement été légitimement, ou pas, critiqués par rapport à tel ou tel projet.


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Il faut bien se rendre compte qu’au-delà de l’idée, les clés de la réussite d’un programment résident dans la manière de le mettre en œuvre. C’est la partie la plus difficile ! Toutes les parties prenantes doivent être intégrées, il faut trouver les capitaux et les investisseurs… Le secteur public ne peut pas tout faire, il doit savoir quand et comment passer le relais au privé.

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