Télécoms

Ouverture du capital de Togocom : trois questions à Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Économie numérique

Cina Lawson © D.R.

Annoncée en conseil des ministres le 3 octobre, l’ouverture du capital de la holding Togocom, qui rassemble les deux opérateurs publics de téléphonie fixe et mobile du pays, Togo Telecom et Togo Cellulaire, est un tournant décisif pour le secteur tertiaire togolais.

Avec 120 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires, plus de 1 400 agents et 3,4 millions d’utilisateurs de téléphonie mobile, Togocom est un acteur incontournable de la téléphonie dans le pays.

La ministre togolaise des Postes et de l’Économie numérique, Cina Lawson, revient pour Jeune Afrique sur les enjeux de cette opération. Son ambition est d’accroître l’inclusion digitale au Togo, où seulement 12,4 % de la population utilisait internet en 2017, d’après l’Union internationale des télécommunications.

Jeune Afrique : Le gouvernement a annoncé l’ouverture du capital de la holding Togocom. Pourquoi ?

Cina Lawson : L’ouverture du capital intervient à une période charnière pour Togocom. À ce stade de sa croissance, le groupe a besoin d’une injection de capital et de nouvelles expertises pour concrétiser son potentiel de développement. Par ailleurs, cette ouverture de capital est cohérente avec la politique de l’État, qui est de réserver son soutien financier aux investissements sociaux et d’encourager l’initiative privée dans le reste de l’économie.

L’opération a été préparée en nous appuyant sur les expériences réussies de pays qui ont réalisé des transactions similaires. Nous sommes l’un des derniers pays à ouvrir son opérateur télécoms public au privé, et par conséquent cette vente se veut plus aboutie.

Techniquement, comment va se passer l’opération ? L’État restera-t-il majoritaire ?

Suite à l’annonce par le conseil des ministres de l’ouverture de capital de Togocom, et une loi sera prochainement adoptée pour autoriser la transaction. Les acteurs stratégiques et qualifiés du secteur seront invités à participer au processus d’appel d’offres international ouvert que nous organisons.

[Pour ce qui est du degré de privatisation], nous ne donnons pas de précision à ce stade, car le conseil des ministres doit d’abord valider les différentes options.

Quelles sont désormais vos priorités ?

Nous devons nous assurer que toutes les parties prenantes s’approprient et cernent bien les contours de la loi sur les transactions électroniques qui constitue une composante du vaste chantier juridique et réglementaire en cours de finalisation.

La vision du chef de l’État est de faire du Togo un pôle international en terme de numérique. Cette ambition ne peut se concrétiser que grâce à la mise en place d’un arsenal juridique et réglementaire, un environnement propice au développement des technologies de l’information et de la communication.

Cela passe aussi par la promotion de entrepreneuriat numérique en créant des espaces et la formation de la jeunesse aux nouveaux métiers du digital. Nous contribuons, en tant que ministère, à cette ambition avec un projet de création d’un tech hub de 3 000 m² en plein centre-ville à Lomé.

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