Diplomatie

Expulsion de Congolais de l’Angola : les « vives protestations » de Kinshasa

Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre et ministre congolais des Affaires étrangères. © Vincent Fournier/JA.

Lors d'un point de presse tenu le 17 octobre à Kinshasa, Léonard She Okitundu, chef de la diplomatie de la RDC, a indiqué avoir officiellement transmis à Luanda « l'indignation et les vives protestations » de Kinshasa à la suite de la brusque expulsion de quelque 200 000 Congolais de l'Angola.

Après les condamnations, Kinshasa demande des explications à Luanda. Le mercredi 17 octobre, Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre et ministre congolais des Affaires étrangères, a annoncé avoir « convoqué » l’ambassadeur angolais en RDC mais que « malheureusement » ce dernier ne se trouvait pas sur le territoire congolais. En cause : une opération de lutte contre l’immigration illégale lancée début octobre par l’Angola.

« Si 160 901 Congolais sont rentrés volontairement de ce pays voisin au cours de ces dernières semaines vers la province du Kasaï, 27 971 compatriotes ont été expulsés brutalement vers cette province mitoyenne de l’Angola, 1 966 vers la province du Kwango ainsi qu’un nombre non encore déterminé qui ont été expulsés vers le Kwilu dans des conditions très précaires », a déploré mardi le gouvernement congolais, à l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres.

Dès le lendemain, le chef de la diplomatie de la RDC a indiqué avoir « transmis, par voie officielle de note verbale, l’indignation et les vives protestations du gouvernement [congolais, ndlr] conformément aux us et coutumes diplomatiques ». À défaut de l’ambassadeur angolais lui-même, « le chargé d’affaires de l’ambassade de l’Angola à Kinshasa est attendu au ministère congolais des Affaires étrangères », a confié à Jeune Afrique un proche collaborateur de Léonard She Okitundu.

La RDC exige des enquêtes

Kinshasa a également rappelé « que toute mesure de reconduite à la frontière nécessite impérativement une information préalable des autorités du pays d’origine et partant l’identification effective des personnes concernées ».

Les autorités congolaises ont alors invité à « se ressaisir et à diligenter des enquêtes approfondies » sur des cas de violation des droits de l’homme constatées lors de « l’expulsion massive » des Congolais. Et si Luanda « [revient] à l’usage des canaux diplomatiques traditionnels afin de convenir d’une solution idoine », Kinshasa menace désormais de saisir des instances internationales compétentes.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte