Immigration

Immigration : 200 000 Congolais ont dû fuir l’Angola depuis le début du mois

Migrants congolais à Kamako, à la frontière angolaise, le 12 octobre 2018. © AFP

Luanda a lancé au début du mois une vaste opération de lutte contre l'immigration clandestine, renvoyant vers la RDC quelque 200 000 ressortissants du pays. Parmi eux, se trouvent des réfugiés du Kasaï, a appris l'AFP.

Les autorités angolaises opèrent depuis le début du mois d’octobre une opération de lutte contre l’immigration clandestine qui a entraîné des expulsions de masse : quelque 200 000 Congolais ont ainsi été renvoyés vers la RDC voisine. Des retours « volontaires », assure Luanda, alors que des témoignages font état de violences et même de morts.

En RDC, « le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur est chargé de recueillir des informations et de mener des investigations sur cette affaire d’expulsion des Congolais d’Angola. Ces allégations sont très graves. Le gouvernement réagira officiellement dans les prochains jours », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

Conditions d’expulsion

De son côté, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), une ONG locale, a recommandé dans une lettre à l’ambassadeur d’Angola à Kinshasa de « veiller à ce que les expulsions des immigrants se fassent dans les conditions qui respectent les droits de l’homme, notamment le droit à l’intégrité physique et à la vie », plaidant notamment pour que des « mesures spécifiques de protection soient prises en faveur des femmes, enfants et vieillards ».

Parmi les expulsés, certains sont pourtant officiellement considérés comme des réfugiés et bénéficient de documents spécifiques, a déclaré à l’AFP une source du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Kinshasa, qui a appris qu’au moins 47 personnes seraient concernées.

Dans une paroisse de la ville frontalière de Kamako côté congolais ce week-end, le correspondant de l’AFP a pu photographier le « comprovante do registo » (certificat d’enregistrement) estampillé par le HCR d’une famille de sept personnes arrivées en Angola en avril 2017. « A Lovua, chaque famille avait reçu un terrain de 25 m2 et le HCR nous avait donné des kits et des cartes de réfugié », a raconté un autre « retourné », Willy Benda, carte du HCR en mains.

Réfugiés du Kasaï

« Depuis le 1er octobre, les militaires et les policiers angolais campent autour du camp et tout réfugié rencontré en dehors du camp est arrêté et reconduit en RDC. Certains d’entre nous ont vu leurs cartes des réfugiés déchirées par les militaires et les policiers angolais. J’ai réussi à amener ma carte du HCR. Nous demandons aux autorités angolaises de respecter la convention relative aux droits des réfugiés », a-t-il ajouté.

Le HCR travaille pourtant avec les autorités « pour que plus de 30 000 réfugiés du Kasaï qui ont fui le conflit en 2016-2017 ne soient pas affectés », indique le HCR à Kinshasa. Ce conflit dans la région frontalière a fait plus de 3 000 morts et plus d’un million de déplacés internes à la suite de la mort d’un chef coutumier.

La RDC et l’Angola partagent 2 500 km de frontière (avec l’enclave de Cabinda), la plus longue frontière terrestre en Afrique.

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