Politique

Tunisie : l’UPL sort de la Coalition nationale, le paysage politique une nouvelle fois recomposé

L'Assemblée des représentants du peuple (ARP) en Tunisie. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Sortie de l'Union patriotique libre (UPL) de la Coalition nationale, hommage de Macron à l'action du président Essebsi, Ennahdha en quête d'alliance... L'actualité des derniers jours a une nouvelle fois recomposé des équilibres politiques instables.

Lors de la rentrée parlementaire, mardi 2 octobre, le groupe de la Coalition nationale, tout fraîchement créé, semblait bien parti pour redistribuer les équilibres politiques sous la coupole du Bardo. C’était sans compter sur les multiples coups de théâtre des derniers jours, dont voici un résumé.


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  • Les 15 de l’UPL

Peu avant une réunion tenue ce week-end à Monastir, les 15 députés de l’Union patriotique libre (UPL) ont décidé de se désolidariser de la Coalition nationale pour rejoindre le groupe de Nidaa Tounes. De deuxième force de l’ARP, la Coalition nationale, qui comptait jusqu’à maintenant 51 députés, est rétrogradée en troisième position. Le fondateur de l’UPL, Slim Riahi, a estimé que ce nouveau venu avait vocation à déboucher sur la création d’un parti et opérer un « coup d’État en douceur ».

  • L’élément déclencheur

L’hommage inattendu rendu par le président français, Emmanuel Macron, au chef de l’État Béji Caïd Essebsi, lors du sommet de la Francophonie à Erevan, a changé la donne. Jusqu’ici, les sources diplomatiques françaises à Tunis semblaient plutôt appuyer Youssef Chahed. En saluant la lutte contre l’extrémisme menée par son homologue tunisien, Macron a créé un malaise chez les islamistes, récemment mis en cause dans les assassinats des leaders de la gauche nationaliste Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

  • L’avenir de Youssef Chahed en jeu

Le chef du gouvernement, qui a déclaré la guerre à Nidaa Tounes, parti fondé par Béji Caïd Essebsi et dont il est issu, cherche des appuis au sein de l’Assemblée. Il a suscité la création de la Coalition nationale et obtenu le soutien d’Ennahdha. Une manière de compter sur suffisamment de voix au Parlement, faute de quoi il sera mis en minorité, voire débouté, notamment pour l’adoption de la Loi de Finances 2019 et le remaniement ministériel qu’il compte opérer. Un mauvais préambule à son avenir politique.

  • Le rôle singulier d’Ennahdha

La rupture de l’alliance avec Nidaa Tounes oblige la formation islamiste à tenter de créer une nouvelle majorité avec d’autres partis. Mise à mal sur le plan international pour ses supposés liens avec la confrérie des Frères Musulmans, et ayant perdu une partie de son électorat, Ennahdha ne peut, avec 68 députés, peser sur les votes de l’ARP. Il lui faut donc un allié stratégique, et le parti de la colombe comptait sur la Coalition et les ambitions de Youssef Chahed pour consolider son leadership. Mais la nouvelle donne va le contraindre à revoir sa position.

  • Une Coalition nationale dans l’embarras

Composée par des députés transfuges de partis comme Nidaa et Machrou Tounes, ce groupe parlementaire n’a ni programme ni vision autre que le soutien à Chahed – ou plutôt son rejet, voire sa haine de Nidaa Tounes. Si bien que Mustapha Ben Ahmed, président du groupe parlementaire, se fait menaçant. À propos de Slim Riahi, il écrit sur les réseaux sociaux : « il devra rendre compte de ses méfaits.»

  • L’outsider Machrou Tounes

La recomposition du paysage parlementaire tient aussi à la position du parti fondé par Mohsen Marzouk, dont les 14 députés peuvent faire basculer l’équilibre d’un côté ou de l’autre.

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