Diplomatie

[Chronique] Melania Trump « fashion victim » des clichés sur l’Afrique

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Il a suffi d’un accessoire de mode évocateur d’un passé colonial et voilà moquée et critiquée une visite de première dame jusque-là plutôt glamour…

Est-ce parce que Melania Trump est un ancien mannequin que ses déplacements – jusque-là peu politisés, il est vrai – sont toujours scrutés sous l’angle de la « fashion police » ? Bien sûr, les voyages de Jackie Kennedy ou de Carla Bruni-Sarkozy n’échappaient pas, eux non plus, à cette classification sur les nuanciers des tissus de luxe.

Le récent séjour africain de l’actuelle première dame des États-Unis a donc été jaugé sous deux angles différents : l’angle diplomatique et l’angle vestimentaire.

Polémique entre mode et diplomatie

À la descente d’avion de Melania Trump à l’aéroport ghanéen de Kotoka, certaines publications occidentales se sont senties obligées de préciser que sa robe-chemise à rayures blanches et bordeaux avait une valeur de 1 730 euros et que celle-ci, sous l’effet du vent, avait failli lui coûter « un accident de robe ». Quelques jours plus tard, lorsque la « First lady » déambulait devant les pyramides égyptiennes, vêtue d’un costume et d’un chapeau blanc, c’est une réincarnation du Michael Jackson dans « Smooth Criminal » que crurent reconnaître certains internautes.

Au-delà de l’incident dérisoire et des « mèmes » ludiques, l’observation de la tenue vestimentaire peut parfois déborder sur l’interprétation politique. Ce fut le cas, en juin dernier, lorsque l’épouse du président américain avait visité un camp de migrants avec une veste ornée du slogan : « I really don’t care, do U ? » (« Je m’en fiche totalement, et toi ? »).

La polémique a généré un hashtag ironique : « Flotus in Africa Bingo »…

Son voyage africain n’a pas échappé à une polémique à équidistance de la mode et de la diplomatie…


>>> À LIRE – [Chronique] De l’establishment américain à Melania Trump : l’Afrique quand même…


Couvre-chef et autres clichés

Le 5 octobre dernier, en visite d’un centre de protection des éléphanteaux puis du parc national de Nairobi, Melania Trump arborait une chemise blanche, un pantalon marron et un casque colonial blanc. Ignorait-elle que ce couvre-chef évoque instantanément les colons brutaux des anciens domaines agricoles et les propriétaires d’esclaves que l’on trouvait notamment sur le continent… africain ?

Choqués par un choix d’accessoire aussi déplacé, les internautes de tous les horizons ne se sont pas privés de lui faire la leçon. Caustique, le professeur d’histoire africaine Matt Carotenuto assène, sur Twitter, que « Melania réussit le tiercé gagnant des stéréotypes : des éléphants, des orphelins et même le casque colonial », avant de retwitter toutes les remarques qui soutiennent qu’on ne peut « porter ce genre de tenue en espérant que personne ne la remarque ».

Comme il fallait s’y attendre, la polémique a généré un hashtag ironique : « Flotus in Africa Bingo », « flotus » étant l’acronyme de « First lady of the United States »…

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