Electricité

Une ligne de 100 megawatts pour interconnecter le Ghana et le Burkina Faso

Pylône et lignes à haute-tension (photo d'illustration). © Drahoslav Ramik/AP/SIPA

Roch Marc Christian Kaboré et Nana Ado Akufo-Addo ont inauguré samedi la ligne d'interconnexion électrique d'une capacité de 225 kV reliant Bolgatenga, au Ghana, à la capitale burkinabè.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré et son homologue ghanéen, Nana Ado Akufo-Addo, ont inauguré le 6 octobre la ligne d’interconnexion électrique d’une capacité de 225 kV entré en service en juin dernier pour relier Bolgatenga, au Ghana, à Ouagadougou.

Ce projet estimé à 55,6 milliards de francs CFA (84,76 millions d’euros) a été financé par un pool de bailleurs conduit par la Banque mondiale (21 milliards de F CFA) et la Banque européenne d’investissement (15,3 milliards de F CFA). Il doit fournir à terme au Burkina 100 MW, soit l’équivalent du tiers de sa capacité de production installée, estimée à 358 mégawatts.

En attendant le prolongement de la ligne de transport de 330 kV jusqu’à Kumasi, dans le centre du Ghana, le projet permet déjà au Burkina d’importer 50 MW auprès de la société publique ghanéenne d’électricité, la Volta River Authority, de quoi répondre aux besoins de pas moins de 40 % des clients burkinabè de l’entreprise publique d’électricité, Sonabel.

Économies

Les travaux, exécutés par le constructeur français Eiffage portent sur 188 km de ligne de 225 kV et deux postes de dispatching à la Patte d’Oie et à Zagtouli, respectivement au sud et en banlieue ouest de la capitale. « Cette ligne a l’avantage d’éviter à Sonabel la construction d’une centrale diesel. Le coût de la production électrique ghanéenne, d’origine hydraulique, est de l’ordre de 35 francs le kilowattheure, contre 70 à 80 francs en moyenne pour la production de l’énergie thermique », assure Mustapha Kamar, directeur de développement chez Eiffage Énergie.

Présent en Afrique de l’Ouest depuis près de trente ans, le groupe Eiffage, un des acteurs majeurs des projets électriques, revendique une approche africaine. « Nous réalisons nos travaux en partenariat avec des entreprises locales en formant leurs cadres pour assurer un transfert de savoir-faire. C’est le cas avec Bahydro qui a réalisé les travaux de génie civil sur cette ligne d’interconnexion Bolgatenga-Ouagadougou », souligne M. Kamar.

Interconnecter pour diversifier l’approvisionnement

« Avec ce projet, la politique des interconnexions électriques est désormais en marche au Burkina Faso », s’est exclamé le ministre burkinabè de l’Énergie, Bachir Ismael Ouédraogo. Alors que la demande d’électricité progresse en moyenne de 13 % par an, 80 % des Burkinabè en sont toujours privés. Sonabel mise non seulement le solaire avec l’entrée en production de la centrale solaire de Zagtouli (33 megawatts),  inaugurée en 2017, mais aussi sur les interconnexions électriques pour diversifier ses sources de production et améliorer la distribution.

« Nous comptons mobiliser un investissement total d’environ 1 000 milliards de F CFA dans des projets énergétiques d’ici à 2020 pour combler le déficit énergétique », assure François de Salle Ouedraogo, patron de Sonabel. Au total, les projets publics en cours portent sur une capacité de 300 MW. L’un des plus emblématiques est le projet « Dorsale Nord » d’interconnexion de 330 kv entre le Nigeria, le Niger, le Bénin et le Burkina

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