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Elections

Présidentielle au Cameroun : ce qu’on ne vous a pas dit sur Maurice Kamto

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, candidat à la présidentielle d'octobre prochain. © Youtube

Pourquoi Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), troque-t-il désormais ses costumes rayés tennis contre le maillot des Lions indomptables ? Deuxième épisode de notre série en trois volets : « Ce qu'on ne vous a pas dit sur... »

On a tout dit ou presque sur Paul Biya, président du Cameroun depuis 36 ans. En revanche, pas assez sur ceux qui espèrent prendre sa place le 7 octobre. Qui sont vraiment Joshua Osih, Maurice Kamto et Akéré Muna, ses trois principaux challengers ? Portraits décalés en trois chapitres.

Maurice Kamto est une anguille. Quand on croit cerner sa personnalité, il s’échappe en rentrant dans toutes sortes de costumes : deux boutons, croisés… Plutôt du prêt-à-porter que du sur-mesure. Parfois, ils lui vont bien. Souvent, il flotte derrière ses rayures tennis. Julie, son épouse, ayant bourrelets et brioches en horreur, le soumet à des régimes alimentaires draconiens. Fruits, légumes et sport obligatoires. Trente ans de mariage que ça dure.


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Le marathon de sa campagne se rapprochant du sprint final, il s’affranchit de plus en plus des conventions, baladant sa silhouette de sexagénaire svelte vêtue de la mythique tunique verte des Lions indomptables, signée Puma. Un bémol : on n’en peut plus de ses sempiternels baskets blanches Nike, sorties du débarras, qui jurent avec ses jeans.

Lui se fiche de son apparence. Il n’est pas un séducteur. Seul le contenu compte.

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Polo-jean, Che Guevara et soutien à John Fru Ndi

Ces derniers jours donc, sur les podiums où il prend la parole, Kamto apparaît sans ses costumes désormais laissés au vestiaire. Il s’est même relooké en polo-jean, comme son allié le rappeur Valsero. Cela n’a pas dû lui poser beaucoup de difficultés, d’autant que l’aspirant président a gardé en lui quelque chose de l’adolescent révolutionnaire qu’il fut.

Dans sa chambre d’étudiant à la cité universitaire de Yaoundé, le fameux portrait au béret étoilé de Che Guevara côtoyait des photos d’Amilcar Cabral et de Patrice Lumumba.

Avec ses copains de faculté, « Maurizio », ou « Maurice Duverger », rêvait d’un monde meilleur

Avec ses copains de faculté, « Maurizio », ou « Maurice Duverger », comme on le surnommait à l’époque, rêvait d’un monde meilleur. Cet état d’esprit ne l’a pas quitté avec les années.

La preuve : un soir de 1992, qui ne fut pas surpris de le voir à la télévision, avec son ex-camarade de faculté Protais Ayangma Amang, appeler à voter John Fru Ndi, dont ils étaient devenus proches lors de la présidentielle prévue cette année-là ? En 1996, les revoilà ensemble pour le lancement d’un quotidien d’informations générales, baptisé Mutations, basé à Yaoundé.


>>> À LIRE – Cameroun : Maurice Kamto peut-il battre Paul Biya ?


Musicien à ses heures perdues, Kamto tient en haute estime les artistes. Et ils le lui rendent bien. Le cinéaste Jean-Pierre Bekolo a appelé à voter en sa faveur. Mais le plus engagé est encore Valsero, caution jeune et compositeur de la bande-son du « Chassement », ce Grand Soir espéré avec le départ de Paul Biya.

Mais quand le candidat prend une pose entre deux meetings, il a des goûts plus classiques. Amateur d’instruments à cordes, Kamto écoute beaucoup le jazzman camerounais Richard Bona, entré lui aussi en dissidence contre le régime.

Posture des doigts joints ou de la herse ?

L’universitaire a mis du temps à entrer dans la peau du politique. D’ailleurs, il y a toujours en lui un peu de l’enseignant austère. Sur les plateaux de télévision, il est obsédé par la précision. Cela s’entend à sa diction exercée sur les prétoires – il est aussi avocat – et se voit à sa manie d’agiter sa main droite avec tous les doigts joints. Signe, selon les spécialistes de la communication non verbale, d’un souci didactique que d’autres politiques n’ont pas, occupés qu’ils sont à mobiliser les émotions.

Il entrecroise régulièrement ses doigts, comme une armure sur laquelle glissent les flèches les plus acérées

On remarque aussi qu’il entrecroise régulièrement ses doigts, dressant ainsi une « herse » selon les mêmes spécialistes du langage corporel. C’est un peu l’armure sur laquelle glissent les flèches les plus acérées.

Il avance avec patience et méthode. Et cela grâce aux enseignements de son professeur de français, en classe de 6e au Collège Saint Thomas d’Aquin de Bafoussam (Ouest), un certain André Wouking, ce prélat vénéré qui deviendra plus tard l’archevêque de Yaoundé. Patience et méthode, il va lui en falloir pour réussir le pari de prendre le pouvoir.

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