Politique

[Chronique] Restitution de patrimoine pillé : pourquoi pas la RDC ?

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Des associations, universités et membres de la société civile congolaise réclament dans une pétition la restitution de biens culturels abusivement entreposés dans des musées et universités de l’ancien colon belge.

La mémoire des crimes coloniaux ne s’apaise que graduellement, parfois par l’expression d’une repentance plus ou moins partielle, parfois à la faveur de la restitution de biens spoliés. En la matière, les retours d’œuvres d’art, réceptacles de la créativité intime tout autant que de pratiques cultuelles ancestrales, ont une valeur historique et identitaire certaine. Quelques décennies après les déclarations d’indépendance de nombreux État africains, la République démocratique du Congo n’ignore pas la tendance actuelle à la réclamation d’œuvres d’art pillées pendant les périodes d’esclavage et de colonisation…

Au Bénin, le gouvernement vient de mettre en place le comité chargé de définir les modalités de restitution, par la France, d’une partie des trésors du Royaume de Dahomey : des totems, sceptres ou portes sacrées actuellement stockés au musée parisien du quai Branly. Il y a quelques mois, à l’occasion de la commémoration de l’expédition de Magdala qui favorisa, au XIXe siècle, le pillage de nombreux trésors éthiopiens, le Victoria and Albert Museum de Londres indiquait qu’une couronne royale en or, des manuscrits précieux et des objets de cultes pourraient reprendre le chemin de l’Afrique, sous la forme d’un « prêt à long terme »…

120 000 objets congolais datant parfois d’il y a 9 000 ans sont au musée belge de Tervuren

Les trésors congolais

Après ces bras de fer feutrés « Bénin vs France » et « Éthiopie vs Royaume-Uni », les regards congolais se sont naturellement tournés vers la Belgique. Bien sûr, la convention de l’Unesco de 1970 qui prévoit la restitution de biens culturels acquis illégalement n’est pas rétroactive. Quant au discours ouagalais bienveillant d’Emmanuel Macron sur le sujet, il n’engage que la France. C’est donc sous la forme d’une pétition relayée par la presse belge que des associations, des universités et d’autres membres de la société civile de la RDC viennent de relancer le débat de la restitution de trésors congolais pillés.

Sont notamment ciblés le musée belge de Tervuren, dernier grand musée colonial d’Europe, qui retient 120 000 objets congolais datant parfois d’il y a 9 000 ans et l’Université libre de Bruxelles qui conserve des crânes de Congolais anticolonialistes.

Pour l’heure, à la différence du cas béninois, la démarche des intellectuels congolais n’est pas appuyée officiellement par des autorités de la RDC, qui ont peut-être d’autres chats électoraux à fouetter, à l’approche de la présidentielle de décembre

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