Société

Selon le maire d’Alger-centre, « les habitants sont en partie responsables des inondations »

Le quartier de Bab El Oued, à Alger, avait été frappé en novembre 2001 par des inondations qui avaient causé plus de 1 000 morts. © Omar Sefouane pour JA

En début de semaine, la capitale algérienne s'est retrouvée noyée sous les eaux. Des élus locaux se disent « dépassés » par le risque d'inondation. Pour le maire d'Alger-centre, Abdelhakim Bettache, les torts doivent être partagés.

Il reste encore une traînée de sable et de terre au sol, rappelant la difficile nuit que les habitants du quartier de Hussein Dey (est d’Alger) ont vécu, lundi 1er octobre. Il était un peu plus de 20 heures lorsqu’un violent orage s’est abattu sur la capitale. En l’espace d’une demi-heure, il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie, soit 30 mm d’eau.

« C’est comme si un robinet avait été ouvert au-dessus de nos têtes. La commune s’est transformée en une piscine géante », se désole Abdelkader Benaïda, maire de la commune de Hussein Dey.

Plusieurs autres quartiers d’Alger, notamment Ruisseau, Belouizdad et Kouba, ont rapidement été inondés. En quelques minutes, les eaux pluviales se sont infiltrées partout : dans les maisons, dans les commerces, sous les trémies et jusque dans certaines stations de métro. Elles ont également envahi les couloirs de l’hôpital Nafissa Hamoud à Hussein Dey, obligeant une partie du personnel médical à prêter main-forte aux agents d’entretien municipaux. Dans ce décor chaotique, le trafic du tramway a été interrompu et plusieurs routes ont été coupées à la circulation durant plusieurs heures.

Une situation récurrente

À chaque forte pluie, le scénario se répète. Dix-sept ans après les inondations meurtrières dans le quartier populaire de Bab El Oued, qui avaient coûté la vie à plus de 1 000 personnes et blessé des centaines d’autres en novembre 2001, Alger reste vulnérable face à une telle catastrophe naturelle.

Quelques jours plus tôt, le ministre des Ressources en eau avait déclaré que la capitale était à l’abri des risques d’inondation

Le gouvernement avait pourtant assuré que la capitale était cette fois mieux préparée. Quelques jours plus tôt, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, avait ainsi déclaré que la capitale était « à l’abri des risques d’inondation ». « Toutes les infrastructures réalisées à Alger ces dernières années ont permis de préserver totalement la ville du phénomène des inondations », avait-il assuré.

Infrastructures défaillantes ou incivisme ?

Des élus municipaux se veulent moins rassurants et font le constat de leur impuissance. « La situation était ingérable. Lorsqu’il tombe autant d’eau en si peu de temps, on ne peut rien y faire », lâche Abdelkader Benaïda. « Les réseaux d’assainissement des eaux ont été refaits en 2015, mais ils ne sont pas capables de drainer des quantités d’eaux pluviales aussi importantes et d’éviter qu’elles s’accumulent à la surface », poursuit-il.

Pour le maire d’Alger-centre, Abdelhakim Bettache, les torts doivent être partagés. « Les habitants sont en partie responsables de la situation. En jetant leurs détritus et déchets ménagers de manière anarchique, ils contribuent à obstruer les bouches d’égout. L’eau de pluie ne peut pas être évacuée et stagne alors à la surface. De l’autre côté, certains élus font preuve de négligence. Ils n’ont pas suivi les directives de la wilaya émises à la fin de l’été concernant le curage des avaloirs. Sinon, on ne se serait pas retrouver dans cette pagaille », constate l’édile qui, sur les réseaux sociaux, a appelé les citoyens à plus de vigilance pour garder leur ville propre.

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