Diplomatie

Sahara occidental : l’ONU demande une prolongation d’un an du mandat de la Minurso

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres à New York le 28 septembre 2017.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a demandé mercredi au Conseil de sécurité « de prolonger d’un an le mandat » de la force de paix Minurso au Sahara Occidental, afin de soutenir la reprise de négociations politiques début décembre à Genève.

« Je recommande au Conseil d’étendre d’un an le mandat de la Minurso, jusqu’au 31 octobre 2019, afin de donner à mon émissaire l’espace et le temps nécessaires à la création de conditions permettant au processus politique d’avancer », a-t-il écrit dans ce document obtenu par l’Agence France Presse (AFP).

« J’exhorte les parties et les voisins à venir à la table de négociations de bonne foi et sans préconditions », les 5 et 6 décembre en Suisse, comme les y a invités l’émissaire Horst Kohler, ajoute-t-il.

Dernières négociations en 2012

Le Maroc et le Front Polisario ont accepté cette invitation à « des discussions préliminaires », respectivement les 2 et 3 octobre, précise Antonio Guterres, en se disant confiant sur les réponses encore attendues de l’Algérie et de la Mauritanie.

Pourtant principal soutien du Front Polisario – dont la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a ses institutions dans le sud-ouest algérien -, Alger refuse toujours, malgré l’insistance de Rabat qui l’accuse d’être partie au conflit, de prendre part aux négociations de paix, affirmant que le Sahara occidental est « une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui ».

Dans son rapport, le chef de l’ONU note des « développements positifs » dans le comportement des quatre acteurs

Le dernier cycle de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2012.

Dans son rapport, le chef de l’ONU note des « développements positifs » dans le comportement du Polisario, la disposition de l’Algérie et de la Mauritanie à « un rôle plus actif dans le processus de négociations » et un « signe encourageant » du Maroc lorsqu’il a facilité les déplacements de l’ex-président allemand Horst Kohler au Sahara occidental.

Réticence des Américains

Le rapport d’Antonio Guterres survient alors que le Conseil de sécurité est appelé en octobre à tenir trois réunions consacrées au Sahara occidental, dont une le 29, jour prévu pour renouveler le mandat de la Minurso.

Les États-Unis semblent vouloir mettre fin à cette mission, n’ayant permis en avril qu’une extension de six mois. Il y a six mois, Washington, à propos de son vote sur la prolongation du mandat de la Minurso, tranchait : « La Minurso est une mission de maintien de la paix qui aurait dû finir son travail il y a longtemps. (…) Nous, le Conseil de sécurité, nous avons laissé le Sahara occidental devenir un exemple de conflit gelé. »

Au Conseil de sécurité, « tout le monde est convaincu qu’il faut continuer, sauf les Américains »

Au Conseil de sécurité, « tout le monde est convaincu qu’il faut continuer, sauf les Américains », indique un diplomate, sous couvert d’anonymat.

« Maintenir des conditions pacifiques et stables sur le terrain est essentiel pour favoriser une reprise du processus politique », insiste le secrétaire général dans son rapport. « La Minurso demeure un élément clé des Nations unies pour obtenir une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable », fait-il valoir.

Chargée de garantir un cessez-le-feu conclu en 1991 par le Maroc et le Front Polisario indépendantiste, la Minurso compte environ 240 personnels militaires, pour un budget annuel d’une cinquantaine de millions de dollars.

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