Chiffres

Tunisie : les paradoxes du marché de l’emploi

Par  | 

Plus de 107 000 postes restent vacants dans les entreprises tunisiennes, alors même que le taux de chômage s'élève à plus de 15 %, selon le dernier rapport national sur l'emploi de l'Institut arabe des chefs d'entreprises.

Quelque 107 000 postes sont toujours à pourvoir dans les entreprises tunisiennes, soit 30 000 de plus qu’en 2017. Le dernier rapport de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), publié jeudi 27 septembre, a de quoi déconcerter, quand on sait que le taux de chômage national dépasse toujours les 15 %. Parmi les plus touchés, les diplômés représentent encore un tiers des sans-emploi.

Dans le top 3 des professions les plus affectées : les cadres de direction (21 474 postes vacants), les métiers de l’artisanat, de l’imprimerie et de l’industrie (17 024), les attachés commerciaux et représentants technico-commerciaux (15 563).

« Les activités de terrain, comme par exemple le travail d’agent commercial, attirent de moins en moins de jeunes, car elles sont chronophages et demandent une personnalité adaptée au contact avec le client »,  justifie Majdi Hassen, directeur exécutif de l’IACE.

Un salaire 2,5 fois supérieur à l’étranger

Les ingénieurs en Technologies de l’information et de la communication (TIC) sont aussi concernés, avec 12 553 postes vacants, d’après le rapport. Ce n’est pourtant pas faute de professionnels qualifiés. La fuite des cerveaux, accentuée ces deux dernières années, est mise en cause. Elle s’expliquerait par une demande croissante dans le secteur, en Europe et ailleurs.


>>> À LIRE – Tunisie : la fuite des cerveaux s’accélère


Ces estimations corroborent celles de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), qui estime que 10 000 diplômés du secteur (formés en Tunisie) ont quitté le pays ces trois dernières années, principalement pour la France, l’Allemagne ou le Canada. La question du salaire joue beaucoup : Majdi Hassen estime qu’ils y touchent « au minimum » deux fois et demi la rémunération tunisienne.

Une souveraineté compromise ?

« Ça leur parait énorme, même si c’est finalement bas par rapport au niveau de vie », souligne Abdessattar Hosni. Le secrétaire général de l’OIT explique qu’outre les partenariats avec les écoles, les entreprises étrangères viennent très régulièrement recruter les diplômés directement en Tunisie, via des bureaux de liaison.

Si nous n’avons personne pour faire face à la demande, nous ne pourrons pas nous adapter aux nouvelles technologies

« Nous frôlons la catastrophe, alors que tout s’informatise dans l’administration, la finance, etc. Si nous n’avons pas d’hommes et de femmes pour faire face à la demande, nous ne pourrons pas nous adapter à ces technologies et nous risquons de compromettre notre souveraineté », poursuit le responsable de l’Ordre des ingénieurs. Il regrette que « les autorités n’aient pas pris conscience de ce phénomène, ou ne l’aient pas traité de manière prioritaire ».

Inadéquation formation/demande

Du côté des entreprises, on regrette le manque de « soft skills », soit les qualités humaines et relationnelles qui comptent parfois autant que le diplôme, mais aussi de compétences dans les langues et en informatique.

Les Tunisiens ont beau être nombreux à parler à la fois l’arabe et le français, cela ne suffit pas. « Entre parler une langue et la maîtriser, il y a une différence », souligne le responsable de l’IACE. Le niveau d’anglais des diplômés laisserait aussi parfois à désirer. Or, les entreprises qui font de la croissance travaillent principalement sur les marchés étrangers. Le système d’enseignement est donc aussi en cause.


>>> À LIRE – En Tunisie, un « système éducatif à plusieurs vitesses »


Dans le domaine de l’emploi, la Tunisie n’est pas à un paradoxe près. « Il existe un énorme écart entre la formation et les besoins », rappelle l’économiste Mongi Boughzala.

Alors que le droit au travail et à la dignité faisaient partie des revendications de la révolution, aucun mécanisme efficace ne permettrait à ce jour de rapprocher les structures de formation de la demande. D’après l’IACE, seules 40 % des entreprises déclarent leurs besoins aux bureaux d’emploi – qui restent pourtant les principaux canaux de recrutement.

Des réformes qui se font attendre

Dans ces conditions, difficile de mener les réformes appropriées. « Quand on ne connaît pas les besoins réels des entreprises, comment voulez-vous être en mesure de former des jeunes de manière adéquate ? C’est du tâtonnement. Les idées globales ne suffisent pas à guider la planification », regrette encore le chercheur. Et d’ajouter : « Avant 2010, on s’en moquait, pourvu que les étudiants ne fassent pas trop de grabuge. Depuis 2011, il y a eu de petites tentatives, mais les gouvernements n’étaient pas assez stables. Or, d’un point de vue rationnel, ça aurait dû être une priorité. »

Les universités ne peuvent plus juste répondre aux besoins des entreprises qui se trouvent à 500 kilomètres

Enfin, l’IACE souligne que l’indice d’ouverture des universités, c’est-à-dire leur adaptation aux réalités de leur environnement, est en baisse. « Elles ne peuvent plus juste répondre aux besoins des entreprises qui se trouvent à 500 kilomètres. Elles doivent entretenir une relation de proximité avec leur territoire », estime Majdi Hassen.

Les meilleures universités se trouvent toujours dans les grandes villes. Dans de nombreuses régions en attente de développement, les écarts continuent donc de se creuser aussi via la formation. Une refonte du système paraît d’autant plus urgente que les résultats prendraient sans doute une génération pour se faire sentir.

Recevez les meilleures opportunités

Les opportunités du moment

Togo

| Banque-Finance-Assurance
logo JA3080P084 AFRICSEARCH  

AFRICSEARCH RECRUTE POUR LA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT DES ÉTATS DE L’AFRIQUE CENTRALE (BDEAC), DANS LE CADRE DU RENFORCEMENT DE SON ÉQUIPE :

EXPERT EN PLANIFICATION ET EN STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT H/F

MISSIONS

L’Expert en Planification et en Stratégie de Développement est chargé de la planification et du développement de la banque pour assurer l’efficacité des processus de décision au travers de l’analyse et la disponibilité de l’information.

ACTIVITÉS SPÉCIFIQUES • Au titre de la Planification Stratégique • Définir, planifier, réaliser et contribuer à la mise en oeuvre et au suivi des études économiques de la Banque ; • Suivre les orientations et les programmes de développement économique des pays de la CEMAC ; • Définir des objectifs précis et opérationnels de développement de la Banque en impliquant l’ensemble des acteurs concernés ; • Piloter le programme de développement de la Banque : animation, coordination, validation, respect des échéances, etc. ; • Construire un projet consensuel en précisant les actions prévues, l’échéancier de réalisation ainsi que le plan de financement et de développement ; • Au titre des Etudes • Piloter le programme des études économiques et stratégiques à mener, en identifiant les domaines prioritaires et s’assurer qu’ils sont conformes aux priorités opérationnelles de la Banque ; • Élaborer et rédiger pour chaque pays membre de la CEMAC, des fiches économiques sous forme de fiches de synthèse économiques ; • Contribuer à la réalisation d’études d’impact économique et social des projets financés et à la formulation des stratégies d’intervention et politiques opérationnelles de la Banque ; • Instaurer un cadre de large partage avec le personnel de la Banque à travers la présentation, fiches et notes d’information à l’intention des agents sur les dossiers d’actualité à caractère économique ou d’intérêt pour la Banque. • Au titre de la Statistique : • Collecter les données statistiques relatives à la zone d’intervention de la Banque et à l’environnement économique international ; • Alimenter et de mettre à jour les bases de données micro et macroéconomiques nécessaires aux opérations de la Banque ; • Établir sur la base des projections macroéconomiques des Etats membres de la Banque centrale et des autres institutions multilatérales, des analyses macroéconomiques et de la viabilité de la dette pour chaque Etat membre ; • Contribuer à la production des publications permanentes de la Banque, notamment le Rapport annuel et le Rapport du Président à la Conférence des Chefs d’Etats de la CEMAC ; • Au titre du Suivi des Indicateurs d’Impact Socio-Economiques des Projets et des Programmes : • Définir pour chaque projet et programme financé par la Banque, les indicateurs d’impacts socio-économiques permettant de démontrer, sur la base des données chiffrées, l’impact effectif de l’intervention de la Banque sur l’économie nationale et l’amélioration du cadre de vie des populations ; QUALIFICATIONS & COMPÉTENCES • Avoir un diplôme universitaire niveau Bac + 5 dans les domaines des sciences économiques ou de l’Ingénierie Statistique économique ; • Avoir au moins sept (07) ans d’expérience à un poste d’Expert ou équivalent dans le domaine des études économiques ; • Disposer de connaissances en matière de modélisation économique ; • Connaissance du mode de fonctionnement des institutions financières internationales ; • Bonne maîtrise de l’une des quatre langues : Français, Anglais Arabe ou Espagnol. DOSSIER DE CANDIDATURE • Un CV et une demande manuscrite faisant ressortir la motivation du candidat pour le poste ; • Deux photos d’identité, format 4 x 4 ; • Un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois et un certificat de nationalité ; • Des copies certifiées conformes des diplômes d’enseignement supérieur ; • Un certificat de travail attestant des emplois antérieurs et un extrait d’acte de naissance.  

Pour postuler : Les candidats peuvent postuler en ligne à l’adresse infotg@africsearch.com ou au sein du cabinet AFRICSEARCH TOGO sis à NYEKONAKPOE au 63 Boulevard du 13 janvier 81793 Lomé – TOGO. Tél. : +228 22 20 21 04. Date limite de dépôt des candidatures, le Vendredi 31 Janvier 2020 à 18h00 TU.N.B. : Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s par téléphone ou par e-mail.

Le descriptif du poste est disponible avec plus de détails sur le site web du cabinet www.africsearch.com   AFRICSEARCH
2020-01-20 15:39:02
full-time
France

logo JA3080P083 IOF L’Organisation internationale de la Francophonie regroupe 54 Etats et gouvernements membres, 7 associés et 27 observateurs répartis sur les cinq continents, rassemblés autour du partage d’une langue commune : le français. Consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et de valeurs universelles, elle oeuvre au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable. L’ORGANISATION RECRUTE POUR LE POSTE SUIVANT : • Directeur(trice) de la langue française et de la diversité des cultures francophones - jusqu’au 05/02/2020 Ce poste est basé à Paris. Les personnes intéressées peuvent consulter le descriptif détaillé à l’adresse : https://www.francophonie.org/recrutements-291 OIF
2020-01-20 15:31:38
full-time
France

logo JA3080P083 IOF L’Organisation internationale de la Francophonie regroupe 54 Etats et gouvernements membres, 7 associés et 27 observateurs répartis sur les cinq continents, rassemblés autour du partage d’une langue commune : le français. Consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et de valeurs universelles, elle oeuvre au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable. L’ORGANISATION RECRUTE POUR LE POSTE SUIVANT : • Directeur(trice) des Affaires politiques et de la gouvernance démocratique - jusqu’au 05/02/2020 Ce poste est basé à Paris. Les personnes intéressées peuvent consulter le descriptif détaillé à l’adresse : https://www.francophonie.org/recrutements-291 OIF
2020-01-20 15:28:59
full-time
Fermer

Je me connecte