Culture

Cinéma : le festival d’El Gouna, indispensable tremplin du cinéma arabe

Lors de la soirée de remise des prix de l'édition 2018 du festival du film d'El Gouna, en Égypte. © DR / festival El Gouna

Les prix remis lors de la cérémonie de clôture du Festival d'El Gouna, en Égypte, ont confirmé la richesse d'une industrie du cinéma arabe qui peine à exister.

« I will be back ! » Sur la gigantesque scène en plein air du Marina Theater d’El Gouna, Sylvester Stallone glisse quelques mots au micro pour célébrer la « magie » de l’Égypte, comparable selon lui à celle d’Hollywood. Puis il esquisse, pour le plaisir des photographes, quelques crochets et un uppercut dans le vide.

L’acteur recevait ce 28 septembre un prix célébrant sa carrière. Il était avec une autre guest-star américaine, Owen Wilson, l’une des attractions les plus prisées des festivaliers de la petite station balnéaire d’El Gouna, changée l’espace de huit jours en Croisette de la mer Rouge.

 

Devenir une « marque » pour mieux « vendre »

Pourtant, durant les projections, les conférences et à travers les récompenses, le festival a avant tout fait preuve de la diversité et de la qualité du cinéma arabe. Le palmarès reflète ainsi le souci des jurys de mettre en avant les films de la région. Pour chacune des grandes catégories récompensées (court-métrage, documentaire, fiction), un prix spécial était accordé à un film arabe.

Au-delà du festival de Carthage, El Gouna n’a pas vraiment de challenger dans la région

Cette mission est d’autant plus importante que tous les professionnels donnent pour mort et enterré le Festival international du film de Dubaï, longtemps plateforme importante de l’industrie locale.

« Il reste bien le festival de Carthage, dont la sélection est très rigoureuse, et beaucoup parlent de la création d’un nouvel événement dans les Émirats… Mais au-delà, El Gouna n’a pas vraiment de challenger dans la région. Marrakech est irrégulier et très bling-bling. Ce n’est pas un rendez-vous que les professionnels attendent. Le festival du Caire a été repris en main, mais doit encore faire ses preuves dans ses choix de programmation », estime une spécialiste du cinéma arabe, sous couvert d’anonymat.

Si, pour sa deuxième édition, le festival d’El Gouna continue sur sa lancée, il pourrait à terme devenir une « marque » reconnue, permettant de promouvoir plus facilement un cinéma arabe qui en a bien besoin. Nombre de réalisateurs, à l’image du Palestinien Bassam Jarbawi, qui présentait le long-métrage « Screwdriver », confient avoir beaucoup de mal à « vendre » leurs films à l’étranger, notamment dans les pays occidentaux.


Palmarès

Prix spécial récompensant la carrière : Sylvester Stallone

Prix « Cinéma pour l’humanité » : Another day of life de Raul de la Fuente et Damian Nenow, ex æquo avec Yomeddine de A. B. Shawky.

Court-métrage

Meilleur court-métrage arabe : Eyebrows de Tamer Ashry

Étoile de bronze : Sheikh’s watermelons de Kaouther Ben Hania

Étoile d’argent : Judgment de Raymund Ribay Gutierrez

Étoile d’or : Our song to war de Juanita Onzaga

Film documentaire

Meilleur documentaire arabe : Of fathers and sons de Talal Derki

Étoile de bronze : The swing de Cyril Aris

Étoile d’argent : Of fathers and sons de Talal Derki

Étoile d’or : Aquarela de Victor Kossakovsky

Meilleure actrice : Joanna Kulig dans Cold war

Meilleur acteur : Mohamed Dhrif dans Dear son

Prix spécial du jury : The man who surprised everyone, de Natalya Merkulova et Alexey Chupov

Fiction

Meilleure fiction arabe : Yomeddine de A. B. Shawky

Étoile de bronze : Heiresses de Marcelo Martinessi

Étoile d’argent : Ray and Liz de Richard Billingham

Étoile d’or : A land imagined de Siew Hua Yeo

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