Politique

Algérie : treize ans après la réconciliation, Amnesty appelle à combattre l’impunité

Un policier algérien montant la garde dans un boulevard à Alger le 15 novembre 1995. À l'époque, l'Algérie était présidée par Liamine Zeroual. © LAURENT REBOURS/AP/SIPA

Amnesty International a appelé vendredi les autorités algériennes à combattre l'impunité, treize ans après l'adoption d'une Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui a permis à des milliers d'islamistes armés d'échapper à la justice.

Cette charte adoptée en 2005 pour mettre fin à la guerre civile a offert le pardon à ces islamistes en échange de leur reddition, ce que firent environ 10 000 d’entre eux.

D’ailleurs, le bilan de cette Charte reste difficile à établir en l’absence de données officielles sur son application, alors que les familles des victimes des groupes islamistes armés réclament toujours justice.

 « Pour une réconciliation nationale véritable et une paix durable, les autorités doivent prendre des mesures efficaces (…) pour veiller à ce que les graves violations des droits humains commises durant les années 1990 ne se reproduisent plus jamais », a indiqué Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty-Algérie.

« Culture d’impunité »

Selon l’ONG, « au lieu d’enquêter sur les homicides illégaux, les disparitions forcées, les actes de torture et les viols commis durant les années 1990, et de conduire leurs auteurs présumés devant la justice, les autorités algériennes ont adopté une série de mesures qui ont consolidé l’impunité et empêché les victimes et leurs familles de connaître la vérité et d’obtenir justice et réparation ».

Elle dénonce des « amendements » à la Constitution algérienne adoptés le 7 février 2016 qui « ont renforcé la culture d’impunité » en ne tenant « aucun compte de la situation tragique des victimes et familles de victimes qui s’opposent à cette impunité ».

La guerre en Algérie a éclaté en 1992 après l’annulation des législatives en passe d’être remportées par le Front islamique du Salut (FIS). Elle a fait officiellement 200 000 morts dont de nombreux civils, victimes d’attentats ou de massacres imputés aux groupes islamistes, notamment au paroxysme des violences, entre 1996 et 1998.

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