Politique

Mairie de Dakar : qui succédera à Khalifa Sall ?

Khalifa Sall, en octobre 2014 à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Les conseillers municipaux de Dakar éliront le samedi 29 septembre celui ou celle qui prendra les rênes de la capitale sénégalaise à la suite de Khalifa Sall. Une mission par intérim, jusqu’aux élections locales de décembre 2019.

« Il n’y a pas de suspense », promet-on dans l’entourage de Khalifa Sall. Révoqué de ses fonctions de maire le 31 août dernier par décret présidentiel, l’édile connaîtra son successeur le samedi 29 septembre à l’occasion du prochain conseil municipal.

« Les véritables enjeux seront évidemment en 2019, mais pour l’heure il est important de conserver la majorité pour poursuivre le projet du maire », clame un proche. Engagé dans une bataille pour la présidentielle, le clan Khalifa Sall ne veut pas pour autant perdre de vue ses projets locaux.

Soham El Wardini, le choix naturel ?

Dans ses rangs, l’issue du vote semble évidente et porte le visage de Soham El Wardini, première adjointe de Khalifa Sall à la municipalité depuis 2014, précédemment adjointe à la Culture à partir de 2009. « Nous nous inscrivons dans une logique de continuité. Madame El Wardini est à la fois la première adjointe et un membre de Taxawu Dakar [la coalition dirigée par Khalifa Sall, ndlr], indique le conseiller municipal Mamadou Diouf. Nous voterons pour elle afin de ne pas travestir le vote des Dakarois qui s’étaient prononcés en faveur de notre coalition en 2014 ».

Elle a l’expérience pour occuper ce poste, puisque c’est elle qui gère la mairie depuis l’incarcération de Khalifa Sall

Sans vouloir avancer de chiffres, ce proche de l’édile est certain que leur candidate obtiendra « une large majorité dès le premier tour ». Même son de cloche chez Dada Mboup, conseillère municipale à Grand Yoff et soutien de Khalifa Sall : « Soham est une travailleuse et elle a l’expérience pour occuper ce poste, puisque c’est elle qui gère la mairie depuis l’incarcération de Khalifa Sall en mars 2017. Elle est compétente. »


>>> À LIRE – Sénégal : Khalifa Sall, de la mairie de Dakar à la prison de Rebeuss


Des dissidences au sein du clan Khalifa Sall

Depuis la révocation de Khalifa Sall de la mairie de Dakar cet été, les rumeurs de fracture au sein de Taxawu Dakar agitent la question de sa succession. Certains membres de la coalition ont publiquement exprimé leur intention de briguer le fauteuil de maire. C’est notamment le cas de Banda Diop, ancien membre du PS, qui avait été mis au ban du parti en décembre 2017, en même temps que Khalifa Sall et une soixantaine d’autres socialistes dissidents.

Les autres candidatures ne sont que des échappées individuelles

L’élu de la commune d’arrondissement de la Patte d’Oie à Dakar a fait part de sa candidature sur Facebook le 17 septembre dernier, revendiquant « les prières et les encouragements » de Khalifa Sall à son endroit après une visite à la maison d’arrêt de Rebeuss où l’édile est incarcéré. Une information immédiatement démentie par la garde rapprochée du maire de Dakar : « La majorité Taxawu s’exprimera pour Soham El Wardini, les autres candidatures ne sont que des échappées individuelles et des dissidences que nous ne contrôlons pas. »

Sylvain Cherkaoui pour JA

Le PS et l’État bottent en touche

Si des noms circulent concernant de potentiels candidats – notamment ceux de ministres en fonction -, appuyés par Benno Bokk Yakaar (BBY), coalition majoritaire au pouvoir, l’État n’en confirme aucun et garantit que l’Alliance pour la République (APR) de Macky Sall ne présentera pas de candidat. « Que le remplaçant de Khalifa Sall soit issu de la majorité ou de l’opposition, il faudra veiller à la bonne gestion de la Mairie. La seule question qui concerne l’État, c’est l’application des textes », brandit-on du côté du gouvernement.

« Pas de candidat » non plus pour le Parti socialiste d’Ousmane Tanor Dieng, que certains conseillers de Khalifa Sall accusent d’être derrière la candidature de Banda Diop. « Politiquement, il serait idiot pour nous de présenter un candidat à l’intérim », balaie un cacique du PS.

Si la majorité réfute toute vue sur la gestion temporaire de la mairie de Dakar, elle n’exclut pas de se positionner lors du prochain scrutin municipal : « Il faudra reparler des élections locales de décembre 2019 le moment venu, mais pour l’instant pourquoi la mairie de Dakar nous intéresserait ? ».

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