Sécurité

Mali : au moins sept soldats et un civil tués par l’explosion d’engins artisanaux dans le centre

Des soldats maliens, près de Mopti (archives). © François Rihouay/AP/SIPA

Deux véhicules d’une mission d’escorte ont sauté sur des engins explosifs improvisés sur la route reliant Mopti à Tombouctou, mercredi 26 septembre. Au moins sept soldats des Forces armées maliennes et un chauffeur civil ont été tués.

Le convoi se trouvait entre Bambara Maoudé et Douentza, dans le centre du pays, à mi-chemin entre Mopti et Tombouctou, au moment où les deux véhicules ont sauté sur l’engin explosif, mercredi après-midi. Le ministère malien de la Défense, qui évoque une « attaque terroriste lâche » dans un communiqué publié le jeudi 27 septembre, « encourage les Fama [Forces armées maliennes, ndlr] à poursuivre leur mission de protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire. »

Le communiqué, signé du général Salif Traoré, ministre de la Défense, enjoint « les populations à continuer d’apporter leur soutien aux Forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme ».


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L’UE et l’UA mettent la pression

Ce nouveau tribut payé par les Fama dans le centre du pays intervient alors même que l’Union européenne et l’Union africaine font pression sur les signataires de l’accord de paix en vue d’une mise en œuvre rapide et effective.

« Les Maliens doivent maintenant œuvrer sans délai à l’accélération de la mise en œuvre de l’accord de paix », a ainsi déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d’une réunion sur le Mali organisée mercredi en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU. « J’exhorte les autorités maliennes et les autres acteurs concernés à accélérer la cadence », a pour sa part ajouté le Tchadien Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA).


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La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, s’est montrée encore plus offensive. « Sur le processus de paix, nous ne pouvons pas nous contenter de répéter les mêmes messages année après année », a-t-elle martelé, insistant sur le fait que « les acteurs maliens, signataires ou pas de l’accord, doivent se positionner clairement soit en faveur de l’accord soit en dehors et en assumer les conséquences avec cohérence. »

IBK demande le respect des engagements financiers

Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a pour sa part promis de « travailler sans relâche à la mise en oeuvre diligente et inclusive » de l’accord, mais il a également rappelé aux partenaires internationaux la nécessité d’« honorer leurs engagements » financiers. « La volonté politique seule ne suffit pas », a lancé IBK. « Il faut aussi les moyens techniques et financiers adéquats », notamment pour le G5 Sahel, a-t-il martelé à la tribune des Nations unies. « La force conjointe du G5 Sahel peine à être pleinement opérationnelle, faute de mandat adapté et surtout de financements appropriés », a-t-il relevé.


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L’UE est un des principaux contributeurs financiers à la force conjointe du G5 Sahel contre le terrorisme et à la formation des forces armées maliennes. Le Conseil de sécurité de l’ONU menace de sanctionner les responsables de groupes armés accusés de contrevenir à l’accord de paix de 2015.

Le G5 Sahel doit compter 5 000 hommes à terme et regrouper des troupes du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad. Mais les 414 millions d’euros promis lors d’une conférence internationale des donateurs en février tardent à se matérialiser.

Le président malien a plaidé, de nouveau, pour le placement de la force du G5 Sahel sous un mandat de l’ONU, « assorti d’un financement adéquat, pérenne et prévisible ». Une option à laquelle s’opposent les États-Unis, premiers contributeurs de l’ONU. Les Nations unies financent déjà la Minusma (15 000 personnes, dont 12 000 militaires).

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