Vie des partis

Maroc : nouvelle brouille entre deux partis de la majorité gouvernementale

Le gouvernement marocain nommé le 5 avril 2017. © AP/SIPA

Depuis l'ouverture des hostilités ce week-end par le ministre des Sports Rachid Talbi Alami, les représentants des deux poids lourds de la majorité gouvernementale, le PJD et le RNI, ont enchaîné l'envoi de piques à distance.

Dans un long texte publié sur sa page Facebook, Slimane El Amrani, vice-secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a durement accusé lundi 24 septembre le Rassemblement national des indépendants (RNI). Même si les deux formations cohabitent actuellement au sein du gouvernement, l’islamiste fait porter au RNI, de centre droit, la responsabilité du « blocage » qui a suivi les élections législatives de 2016.

Le PJD, arrivé premier durant le scrutin, avait eu bien du mal à former une majorité et sa plus forte figure, le chef du gouvernement sortant Abdelilah Benkirane, avait été remercié par le roi Mohammed VI, appelant à sa place Saadeddine El Othmani.


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El Amrani s’adressait plus particulièrement à Rachid Talbi Alami, ministre de la Jeunesse et des sports, étiqueté RNI. Ce dernier, lors de l’université d’été des indépendants deux jours plus tôt, s’en est pris de manière virulente aux islamistes du PJD, accusant notamment le parti de nuire à l’économie et aux institutions marocaines et de manquer de légitimité.

Silence vs « sidération »

Depuis, les patrons des deux formations se sont exprimés. Lundi, en déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies, El Othmani – qui a également remplacé Benkirane à la tête du PJD – s’est adressé à ses troupes par voie de communiqué. Il a appellé « les militants et militantes du parti à ne pas répondre aux déclarations de Monsieur Rachid Talbi Alami ».

De son côté, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime et président du RNI, s’est montré nettement moins tendre. Dans la soirée de mercredi, il a publié un communiqué dans lequel il se dit « sidéré » par les propos d’Amrani.

En février, sept ministres RNI avaient boudé le Conseil du gouvernement. Du jamais vu

La crise guette cette majorité hétéroclite, formée de technocrates sans étiquettes et de pas moins de six partis, aux référents idéologiques a priori éloignés les uns des autres. En août, c’est entre le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et le PJD que le torchon a brûlé, après le limogeage par le chef du gouvernement de Charafat Afilal, la secrétaire d’État chargée de l’Eau et membre du bureau politique du PPS.


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Comme l’a relevé Amrani, ces tensions ne sont toutefois pas nouvelles. « Les crises entre les alliés de la majorité se sont répétées ces derniers mois. On a tout de même assisté pour la première fois au boycott par plusieurs ministres d’un Conseil de gouvernement », tacle un ancien ministre.

En février, sept ministres RNI avaient effectivement boudé le rendez-vous hebdomadaire de l’équipe gouvernementale. Du jamais vu. Officiellement, les responsables étaient à l’étranger. Mais beaucoup assurent qu’il s’agissait d’une protestation symbolique du camp Akhannouch contre les propos de Benkirane, très critique à l’égard du ministre de l’Agriculture.

L’ancien leader de la majorité est toujours très populaire au sein du PJD, où sa ligne semble moins conciliatrice que celle d’El Othmani. Dans les rangs du Parti de la lampe, de nombreux militants semblent avoir suivi le récent mouvement de boycott, visant à dénoncer la vie chère et qui a notamment frappé Afriquia – une marque du groupe Akwa, détenu par la famille Akhannouch.

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