Diplomatie

Israël-Palestine : pour la première fois, Trump se dit favorable à une solution à deux États

Donald Trump se dit favorable à la solution à deux États israélien et palestinien. © AFP / Nicholas Kamm

Pour la première fois, Donald Trump s'est prononcé, mercredi 26 septembre, en faveur d'une solution à deux États pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Le président américain a aussi promis de présenter un plan de paix « équilibré » d'ici quatre mois.

« Je pense vraiment que quelque chose va se passer. C’est mon rêve d’y parvenir avant la fin de mon premier mandat [en janvier 2021, ndlr] », a lancé Donald Trump lors d’une rencontre avec Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, le mercredi 26 septembre.

En marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York, il s’est dit convaincu « à 100% » que les Palestiniens, qui ont gelé tout contact avec l’administration américaine depuis qu’elle a reconnu, fin 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël, reviendraient à la table des négociations.


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« Je pense que les deux États vont voir le jour »

« J’aime bien la solution à deux États », a ajouté le président américain, qui s’était jusque-là gardé de privilégier cette voie, appuyée par ses prédécesseurs et la communauté internationale. « Je pense que les deux États vont voir le jour », a-t-il même ajouté un peu plus tard devant la presse. Même si c’est « un peu plus difficile », « cela marche mieux parce que chacun gouverne de son côté », a-t-il expliqué.

Si les Israéliens et les Palestiniens veulent un État, c’est OK pour moi. S’ils veulent deux États, c’est OK pour moi

Il n’a pas précisé si c’est ce que proposera le plan de paix concocté dans le plus grand secret par son gendre et conseiller, Jared Kushner. « Si les Israéliens et les Palestiniens veulent un État, c’est OK pour moi. S’ils veulent deux États, c’est OK pour moi », a-t-il assuré. « Je suis un facilitateur. » Mais le plan sera, a-t-il promis, « équilibré », car Jared Kushner, s’il « adore Israël », sait que « tout le monde doit être satisfait ».

Aboutir à « l’accord ultime »

Pour la première fois également, l’occupant de la Maison Blanche a d’ailleurs donné un calendrier pour la présentation de cette proposition, maintes fois reportée. « Dans les deux, trois ou quatre mois », a assuré Donald Trump, qui rêve d’aboutir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

La solution des deux États a complètement disparu du paysage politique israélien

La ligne officielle de l’administration Trump consistait jusqu’ici à soutenir une solution qui aurait la faveur des deux camps, israélien et palestinien, sans pousser ni rejeter les deux États.

« La solution des deux États a complètement disparu du paysage politique israélien, et n’existe que dans les rappels que nous en faisons, nous Européens. Les États-Unis se refusent depuis l’élection de Trump à y faire référence », déplorait encore récemment un diplomate européen.

Des paroles et des actes

Il s’agit donc d’un tournant. Mais malgré ce pas en direction des revendications des Palestiniens, ces derniers estiment que cela ne suffit pas pour renouer le dialogue rompu. Ces propos « vont à l’encontre de leurs actes, et leurs actes détruisent clairement toute possibilité d’une solution à deux États », a déclaré à l’AFP Hossam Zomlot, chef de la mission diplomatique palestinienne à Washington, récemment fermée par l’administration américaine.


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La fermeture de cette représentation était la dernière d’une avalanche de mesures spectaculaires prises par Donald Trump contre les Palestiniens depuis que ces derniers lui ont dénié, après sa décision sur Jérusalem, tout rôle de médiateur dans le processus de paix moribond. Washington a notamment coupé quasiment toute son aide bilatérale et a mis fin à son financement de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, dont les États-Unis étaient le premier contributeur.

Un plan de paix « absurde »

Faisant fi de ce contexte tendu, le président américain s’est montré obstinément confiant. « Je crois que nous allons aboutir à un accord », a-t-il dit. Comme il l’avait déjà assuré sans convaincre l’Autorité palestinienne, il a expliqué qu’Israël, choyé par son administration comme par aucune autre auparavant, aurait désormais « à faire quelque chose de bien pour l’autre camp ».

Nous ne renoncerons pas au contrôle sécuritaire à l’ouest du Jourdain

« Nous ne renoncerons pas au contrôle sécuritaire à l’ouest du Jourdain », y compris en Cisjordanie, a ensuite répondu Benyamin Netanyahou devant des journalistes, sans toutefois se prononcer directement sur la création d’un vrai État palestinien.

Pour l’organisation juive américaine J Street, Donald Trump et son gouvernement « doivent être jugés sur leurs actes, pas sur leurs mots ». « Or, leurs actes sont clairs : ils n’ont aucune intention de promouvoir une véritable paix entre Israéliens et Palestiniens », ajoute-t-elle, estimant que l’idée de formuler « un plan de paix crédible » dans le contexte actuel est tout simplement « absurde ».

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