Justice

Cameroun : Camrail déclaré coupable dans l’affaire de la catastrophe ferroviaire d’Eseka

Selon le bilan officiel, 79 personnes ont péri dans l'accident de train survenu à Eseka, au Cameroun, le 21 octobre 2016 © AP/SIPA

La société ferroviaire Camrail a été déclarée coupable mercredi par le tribunal de première instance d'Eseka, comme onze de ses employés ou anciens employés, dans l'affaire de la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016.

Les victimes attendaient ce verdict depuis près de deux ans. Ce 26 septembre, Camrail, filiale de Bolloré Africa Logistics (BAL), et onze de ses employés ou anciens employés, dont l’ancien directeur général Didier Vandenbon, ont été déclarés coupables d’activités dangereuses, d’homicide involontaire et de blessures involontaires. Selon un bilan officiel, la catastrophe ferroviaire d’Eseka avait coûté la vie à 79 personnes, le 21 octobre 2016.

Le conducteur du train a écopé d’une peine de cinq ans de prison ferme, tandis que Didier Vandenbon a été condamné à six mois de prison avec sursis, les autres peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis. Camrail a décidé de faire appel de sa condamnation et a dénoncé une décision de justice prise en l’absence de « toute expertise qualifiée et compétente ». « Nous sommes fiers d’avoir participé à faire bouger les lignes dans ce pays », a réagi Me Guy Olivier Moteng, un des avocats des victimes, à l’énoncé du verdict.


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Des expertises décisives

Les avocats des victimes avaient notamment appuyé leur argumentaire sur plusieurs rapports d’experts, analysant les circonstances du déraillement du train devant relier Yaoundé à Douala. L’un d’eux, épais d’une vingtaine de pages et étayé par les données provenant de la boîte noire du convoi ferroviaire, faisait état de graves dysfonctionnements dans 13 des 17 voitures formant le convoi (dont les huit ajoutées pour pallier l’afflux de voyageurs sur le trajet du 21 octobre 2016).

Cinq rapports d’experts figuraient au dossier depuis novembre 2016, dont au moins deux, en possession de Jeune Afrique, concluaient à une responsabilité de l’entreprise ferroviaire dans la catastrophe, notamment en raison d’un présumé défaut de freinage et d’une présumée surcharge du train. Camrail avait mis en doute la crédibilité desdits rapports et émettait des réserves sur l’indépendance et l’impartialité des experts.

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