Vie des partis

Maroc : Mohand Laenser briguera finalement un 9e mandat à la tête du Mouvement populaire

Mohand Laenser a été élu le 29 septembre 2018 pour la neuvième fois à la tête du Mouvement populaire. © Hassan Ouazzani pour JA

À quelques jours du congrès qui devait renouveler la tête du Mouvement populaire, l'un des cinq grands partis marocains, l'actuel secrétaire général a annoncé, à la surprise générale, qu'il briguera finalement un neuvième mandat.

Le 13e congrès de la Haraka (Mouvement populaire, MP), dont l’un des principaux temps forts sera l’élection du secrétaire général (SG), s’ouvrira vendredi 28 septembre. Une grand-messe forcément très suivie, puisque cinq ministres de l’actuel gouvernement sont issus des harakis – sans compter dix conseillers (parlementaires de la Chambre haute marocaine), 27 députés ainsi que le président de la région Fès-Meknès – qui n’est autre que Mohand Laenser, l’actuel SG.

Accord secret entre les hommes forts du parti ?

Durant plusieurs semaines, il semblait que l’élection prendrait la forme d’un duel entre deux poids lourds du parti : Mohamed Ouzzine et Mohamed Hassad. Le premier, 49 ans, ex-ministre des Sports, est issu du clan du Moyen-Atlas, qui a toujours contrôlé le parti. Le second, 65 ans, colle moins – a priori – avec l’identité rurale et amazighe de la Haraka. Ancien ministre de l’Intérieur, il a été membre du G14, un groupement de technocrates créé par Hassan II. Récemment, il a fait partie des ministres limogés par le roi Mohammed VI.


>>> À LIRE – Maroc : duel entre Mohamed Ouzzine et Mohamed Hassad pour prendre la tête du Mouvement populaire


À 76 ans, Mohand Laenser, qui devait passer la main après trente-deux ans à présider aux destinées de la formation, a finalement annoncé sa candidature, mardi 25 septembre, soit trois jours avant l’ouverture du congrès.

Face à lui se dresse pour l’instant un seul adversaire et membre du bureau politique, Mustapha Slalou. Moins connu, ce dernier risque peu de faire de l’ombre au leader qui a été en charge de quelque six portefeuilles ministériels depuis 1981.

Ouzzine et Hassad devraient se désister, même s’ils peuvent encore déposer leur candidature jusqu’au 27 septembre

« Il semblerait que Mohamed Ouzzine et Mohamed Hassad vont se désister, même s’ils peuvent encore déposer leur candidature jusqu’au 27 septembre », glisse un membre du bureau du MP. D’après la même source, un accord politique aurait été conclu entre les différents hommes forts de la maison harakie.

Ouzzine et Laenser se connaissent bien, le premier ayant été conseiller du second lorsqu’il était ministre de l’Agriculture entre 2002 et 2007. Quant à Mohamed Moubdii, ancien ministre délégué et actuel chef du groupe parlementaire du MP, qui avait lui aussi manifesté son intérêt, il explique à Jeune Afrique qu’il a finalement décidé de ne pas se présenter.

Changer l’image de la Haraka

Le scrutin doit se tenir le samedi 29 septembre. L’ambiance du congrès, auquel plus de deux mille personnes sont attendues, pourrait être tendue. Selon la presse arabophone, des passes d’armes plutôt chaudes auraient déjà opposé Laenser à Slalou.

Le MP traîne une réputation de parti de notables, avec laquelle bien des militants aimeraient rompre

Si le MP est un vieux parti, fondé par des figures de la résistance aux volontés hégémoniques du Palais durant le règne de Hassan II, il traîne aussi une réputation de parti de notables, devenu avec le temps « complément des majorités gouvernementales ». Une image avec laquelle bien des militants aimeraient rompre.

Au-delà de la seule question de la direction, Moubdii assure que « le parti doit aussi relever des défis, notamment proposer un programme social ambitieux ». « Il n’y a pas de Marocains qui ne soient pas demandeurs d’une protection sociale accrue », estime-t-il.


>>> À LIRE – Maroc : le Mouvement populaire entame sa mue sans Mohand Laenser


En 2014, les congressistes s’étaient entendus pour essayer d’accroître la présence du parti dans les zones urbaines. Les militants de la vieille maison harakie étaient alors nombreux à proposer de mettre plus en avant de jeunes profils, y compris dans les instances dirigeantes…

Mohamed Hassad, malgré son limogeage du gouvernement, semblait apparaître à un certain nombre d’adhérents comme le candidat du renouveau : la commission préparatoire du congrès lui avait pavé la route en amendant les statuts du parti, annulant notamment une disposition technique qui le rendait inéligible.

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