Transport aérien

Aérien : Air Austral et Air Madagascar face à une concurrence sans pitié

Rolland Besoa Razafimaharo, directeur général d’Air Madagascar , et Marie-Joseph Malé, directeur général d’Air Austral. © Rémy Darras

Si les dirigeants des deux compagnies de l'Océan Indien se sont félicités lundi à Paris des effets des dix mois de partenariat stratégique entre leurs deux compagnies, l’offensive des low-cost à La Réunion et d’Ethiopian Airlines à Madagascar contrecarre sérieusement leurs plans de développement.

« Un bilan globalement positif. » C’est ainsi que Marie-Joseph Malé et Rolland Besoa Razafimaharo, respectivement PDG d’Air Austral et directeur général d’Air Madagascar, ont tenu à qualifier lundi 24 septembre à Paris les dix premiers mois du partenariat stratégique unissant les deux compagnies, qui exploiteront conjointement à partir du 3 décembre prochain la ligne Tolagnaro (Fort Dauphin) -Toliara (Tuléar) – La Réunion.

En attendant cette date, les équipes travaillent déjà de concert : la mutualisation de la maintenance et de l’achat de kérosène a déjà permis d’économiser 1 million d’euros (500 000 pour Air Austral, 250 000 pour Air Madagascar et 250 000 pour Ewa Air, sa filiale mahoraise). Même si Air Madagascar devra encore attendre trois ans pour atteindre l’équilibre, la compagnie peut d’ores et déjà souffler. Son deuxième Airbus A340, resté un an cloué au sol, a pu redécoller.

Une année « difficile et violente »

Malgré certaines appréhensions et cinq mois de négociations, 207 employés ont pu être affectés à la nouvelle filiale domestique Tsaradia qui a recruté 25 pilotes et 85 personnels navigant sur 255 embauches prévues. « Une gageure » rapporte Rolland Besoa. Forts de 14 avions en 2016, Air Austral et Air Madagascar devraient disposer d’une flotte de 20 appareils l’année prochaine, avant un renouvellement complet en 2023. Un cinquième ATR devrait rejoindre la flotte du pavillon malgache d’ici à mars 2019 avant d’envisager un doublement de cette flotte d’ici deux ans.

« Cinq appareils, comme la flotte d’Air Madagascar en 2008… Il y en aura plus si l’évolution du marché domestique et régional le permet », assure Marie-Joseph Malé. Car l’objectif est aussi de monter progressivement à un vol quotidien vers Paris. Mais si le patron d’Air Austral peut se féliciter « de résultats positifs pour la cinquième année consécutive », il reconnaît que l’année écoulée « fut très difficile, très violente ».

La remontée du fuel certes, mais surtout l’arrivée d’un quatrième concurrent, FrenchBee (ex-French Blue) à La Réunion, offrant 17 % de capacités supplémentaires sur le Paris- La Réunion – une route représentant 75 % du chiffre d’affaires d’Air Austral. Air Austral tente de riposter tant bien que mal avec « un produit business de confort haut de gamme » qui vise à fidéliser la clientèle et grignoter l’espace d’Air France.

Level ou Norwegian bientôt à La Réunion ?

« On est passé de 35 % à 30 % de part de marché sur le La Réunion-Paris. On reste leader sur cette route, mais tout juste. Notre recette unitaire a baissé de quatre points sur le long-courrier. C’est considérable », poursuit Marie-Joseph Malé qui surprend son auditoire en annonçant l’arrivée d’un nouvel acteur dans l’océan indien. Level ou Norwegian bientôt à La Réunion ? « On ne peut pas exclure le positionnement d’un nouveau low-cost long courrier sur La Réunion. Il faudra réfléchir à un scénario de rupture », n’excluant pas de revenir à un modèle de compagnie régionale.

Reste que le vent violent d’une concurrence féroce n’agite pas que La Réunion. Devant Jeune Afrique, les deux dirigeants s’insurgent contre les droits de trafic accordés par la Grande Île à Ethiopian Airlines, candidat malheureux en 2017 au mariage avec Air Madagascar. Au nez et à la barbe d’Air Madagascar, le géant des airs d’Addis Abeba y multiplie l’ouverture de lignes et de fréquences sur Antananarivo depuis 2017 et Nosy Be en mars 2018.

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